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Interview/ Imilo Le Chanceux : il raconte sa galère entre Abidjan et Ouaga

Lors de notre passage au Burkina Faso pour la 18e édition des Kundé d’Or, l’artiste Imilo Lechanceux nous a ouvert les portes de son humble demeure à Ouagadougou.

Dans un entretien qu’a bien voulu nous accorder le « Kundé d’Or 2017 », il fait la lumière sur des zones sombres de parcours entre la Côte d’Ivoire et le Burkina, sans oublier ses projets. Entretien…

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Quelle est l’actualité d’Imilo ?

Mon actualité est cet autre Kundé de « L’artiste le plus joué en discothèque«  que je viens de recevoir. Et nous sommes aussi en promotion avec le nouveau single le « Warb Nooma » qui est classée 12e sur Trace Africa. Nous préparons aussi la sortie du prochain single le mois prochain. Il y a en suite les tournées africaine et européenne qui s’annoncent. Nous préparons aussi les 10 ans de carrière de Imilo Le Chanceux qui démarrent entre 2011 et 2012 en solo.

« Au début, l’on ne croyait pas en moi »

Tu as fait parti d’un groupe. C’était lequel ?

En 2010, j’ai débuté ma carrière au sein du groupe « Les villageois » dont j’étais le lead-vocal. Un concours de Disc-jockey a été organisé où l’on avait besoin de 4 DJ pour former un groupe et faire un album compilé. Et après cela, j’ai sorti mon single en 2012.

A cheval entre la Côte d’Ivoire et le Burkina, où tires-tu au juste ton inspiration ?

Depuis mon enfance en Côte d’Ivoire, j’ai commencé en tant que danseur à Wôzô, dans les mini-Variestoscope, Variétoscope et autres. A l’avènement du mouvement Coupé-décalé, nous avons suivi depuis le Burkina où j’étais. Je suis aussi DJ Platine et Attalaku. C’est après tout cela que je suis devenu artiste chanteur.

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Ton inspiration, tu la tires d’où ?

Je crois que je tire de Dieu que je prie car le l’aime beaucoup. Je m’inspire aussi de tout ce qui m’entoure dans la nature.

Après avoir remporté la plus grande distinction aux ‘’Kundé’’ et une autre cette année, que vises-tu ?

Après le Kundé et d’Or et le trophée de l’artiste le plus joué en discothèque l’année dernière et cette année, je vise loin. Car je sais que le Burkina, et l’Afrique en général, comptent sur moi. Je suis en effet en train d’élargir mes connaissances musicales à travers plusieurs collaborations avec des artistes d’autres pays.

« Des projets avec Sidiki Diabaté »

As-tu des noms déjà à nous révéler sur ce plan ?

Il ya déjà une collaboration enregistrée avec le groupe Révolution et Ava Diez. Il ya aussi un featuring réalisé du côté du Canada avec un artiste Haïtien qui sera bientôt disponible. Il y a d’autres en cours du côté du Mali et du Cameroun.

N’est-ce pas Sidiki Diabaté du côté du Mali ?

Oui, c’est un ami et nous nous voyons très souvent. Nous avons un projet ensemble.

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Quelles sont tes relations avec les artistes Coupé-décalé de la Côte d’Ivoire où tu séjournes souvent ?

J’ai de bons rapports avec presque tout le monde. Lorsque je suis à Abidjan et que je fais signe à Arafat, il me reçoit. Pareil pour DJ Arsenal, Mulukuku, Vitale, Claire Bahi, Kerozen, Serge Beynaud… et Mix 1er avec lequel je m’entends très bien et avec qui nous avons aussi le même arrangeur. Ariel Sheney aussi qui est plus qu’un frère car lorsqu’il vient au Burkina, il passe toujours me voir chez moi. Quant à Bebi Philip, j’ai des liens très forts avec lui car je me sens plus proche de lui que de tous.

Après le prix que tu viens encore de remporter aux Kundé, as-tu un message à l’endroit de tes fans d’ici et d’ailleurs ?

Je dirai merci à tous les fans pour leurs prières et leurs encouragements. Merci aussi à la Côte d’Ivoire qui m’a vu naître, qui m’a formé et m’a vu évoluer et à toute sa presse. Merci à mon pays car aujourd’hui, je suis une fierté pour tous les Burkinabés qui me le témoignent tous les jours. J’aime aussi mon pays et je suis fier d’être burkinabé.

Ses relations avec DJ Arafat, Serge Beynaud, Bebi Philip, Révolution…

Imilo est-il marié et a t-il des enfants ?

Pour l’instant, je ne suis pas marié et je n’ai pas d’enfant. Je vis ici chez moi où nous sommes avec mon manager et souvent mon frère qui vient rester avec nous. Sinon, je vis seul ici, non loin de celui qui gère ma sécurité. Toute mon équipe s’y retrouve souvent. Et donc, c’est la maison du boulot.

Quels sont les hobbies d’Imilo outre la scène ?

Quand je ne suis pas sur scène, je suis chez moi, au foot ou en studio.

Le football, une carrière ratée où tu joues juste pour le fun ?

Je joue juste pour maintenir la forme.

Un message à l’endroit de la jeunesse burkinabè et d’autres pays qui t’adore ?

Je leur demanderai de bosser et de ne pas baisser les bras ; peu importe les difficultés. Car tous ceux qui connaissent mon parcours, savent que ça n’a pas été facile pour moi à mes débuts.

Quelles sont les difficultés auxquelles tu as été confronté ?

Au début, l’on ne croyait pas en moi. Mon père à la retraite, nous avons été contraints de quitter la Côte d’Ivoire. Nous ne voulions pas rentrer au Burkina car n’avions pas encore fini notre cursus scolaire. J’étais en classe de 4e et j’aurais voulu que l’on me laisse finir ma classe de 3e avant de rentrer avec mon BEPC au pays. Et donc mes frères et moi ne voulions pas rentrer au pays.

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« Les choses se sont compliquées pour nous… »

Que s’est-il donc passé ensuite? Nous sommes rentrés au pays malgré tout. Lorsque nous sommes arrivés, les choses se sont compliquées pour nous car les parents à un moment donné, n’avaient plus d’argent pour assurer ma scolarité. Pour joindre les deux bouts, je participais à des concours de danse et autres. Ce qui faisait que j’étais souvent absent à l’école. Et donc je n’ai pas eu le BEPC. Mes parents étant dans l’incapacité d’assurer à nouveau mes cours, je me suis lancé à fond dans le monde du showbiz à travers la danse, les animations maquis.

Petit à petit, j’ai pris une maison de 6000Frs de loyer mensuel à Gouguin, ici à Ouaga. Et c’est dans cette maison de 6 tôles dans la chaleur, que j’ai commencé à me concentrer sur les platines DJ et faire des Atalakus. C’est ainsi que j’ai participé à une compétition de disc-jockey. Et j’ai intégré la formation « Les Villageois ». C’est dans cette même galère que j’ai entamé ma carrière solo.

As-tu reçu de l’aide néanmoins ?

J’ai approché des personnes à qui j’ai demandé de l’aide. Mais personne n’a voulu m’aider, surtout parce que je faisais du Coupé-décalé qu’ils qualifiaient de bruit. Le Coupé-décalé selon eux, n’était pas une musique. Aussi l’on me qualifiait d’Ivoirien et non Burkinabé. J’étais donc contraint à travailler doublement plus que les autres et composer des titres en Moré et tout. Cela à finalement payé et ils ont compris que je suis l’un des leurs qui se bat pour l’image du pays. Je fais certes beaucoup ma promotion et c’est lorsque les Ivoiriens ont commencé à m’aimer qu’ils ont suivi.

Il y a même certains qui n’ont pas cru en moi jusqu’à ce que je remporte le ‘’Kundé d’Or’’ l’année dernière. Et c’est là que certains ont commencé à prendre mon talent au sérieux. Ce qui fait que j’innove à chacune de mes prestations avec de nouveaux pas et la chorégraphie en général… Les choses n’ont donc pas été faciles pour moi. Si bien que je demande à tous les jeunes qui veulent embrasser cette carrière de s’armer de beaucoup de courage et de persévérance dans le travail car seul le travail paie.

Par A.K

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