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INTERVIEW: Zaga Bambo ( Artiste chanteur togolais)

Après son départ du pays il y'a quelques années, l'artiste "rebel" livre des secrets...sur DJ Arafat, Bebi Philip...

Considéré comme un rebelle au Togo son pays, l’artiste Zaga Bambo vous fait des révélations sur sa nouvelle vie entre la France et la Côte d’Ivoire, et lève un coin de voile sur ses projets

Au pays de Feu Gnassimgbé Eyadema, Zaga Bambo était un artiste prolixe et de renom. Doté d’un talent d’artiste-chanteur certain, il a su s’imposer dans son pays. Cela, avant de décider de quitter la terre de ses ancêtres pour des raisons politiques. Etabli entre Paris et Abidjan où réside son producteur Masina de la structure « Façonné Music », il a passé récemment 7 mois sur les bords de la lagune Ebrié, offrant au public, successivement « Mettez le piment » et « Tassaba », ce dernier qui cartonne sur plusieurs chaînes musicales actuellement. Avant de repartir récemment en France, Zaga Bambo a concocté « une nouvelle bombe’’ annoncée pour bientôt. Rencontre avec un artiste charismatique et aux grandes ambitions.

Présente-toi

Je suis Zaga Bambo, qui signifie ‘’le feu’’ en Jamaïcain.

Tu as des origines jamaïcaines ?

Non, mais j’ai toujours été inspiré par des artistes jamaïcains. Mavado, Bob Carter, etc. Je n’écoute que la musique jamaïcaine.

Comment tu te retrouves alors dans la Coupé-Décalé ?

Ce n’est pas vraiment du Coupé-Décalé que je fais. C’est du « Zaga System« . C’est un feeling entre la Dance-hall et le Coupé-Décalé.

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Comment te retrouves-tu alors à Abidjan avec Bebi Phillip ?

Bebi Philip et moi, nous nous connaissons depuis 2009. On s’est croisé à Lomé (Togo) à l’occasion d’un concert là-bas. On a échangé ; par la suite, je suis venu ici avant de repartir au Togo puis en France. 5 ans plus tard, je suis revenu à Abidjan enregistrer un nouvel album, après un bref arrêt pour raisons familiales. C’était pour ma vie de famille. Je recommence tout à zéro. Je suis de retour avec  » Ma Chérie Coco ».

Mais est-ce que ‘’Ma Chérie Coco’’ a un lien avec ta vie de famille ?

Pas du tout. Cette chanson que j’ai écrite depuis longtemps, parle d’une « Ma chérie coco » imaginaire à qui je dis que je ne suis pas Psquare. J’ai été inspiré de la chanson « Chop my money » de PSquare feat. Akon. Dans ‘’Ma Chérie Coco’’, je prends le contrepied de ce qu’ils disent. C’est donc une réplique à leur chanson.

Tu es à Abidjan depuis un bon moment. Y a-t-il un fait particulier qui t’as inspiré dans la composition de « Ma Chérie Coco » ?

Je suis à Abidjan depuis 6 mois. Mais tu sais, à Abidjan, si tu n’as pas d’argent, tu n’as pas de femme. Si tu as de l’argent, tu as beaucoup de femmes. Donc, quand je chante que je ne suis pas Psquare ni Akon pour que tu ‘’chop my money’’, c’est la réalité de ce qui se passe à Abidjan et partout.

« Je ne fume pas de drogue… »

 

 

 

 

 

 

Dans quelles conditions as-tu réalisé cette chanson ?

J’avais fait le son tout seul à Paris, avec mon arrangeur là-bas. Et quand je suis venu à Abidjan, j’ai fait écouter le son à Bebi Philip. Il a aimé. Je lui ai proposé une collaboration. Il a donné son accord, alors on a enregistré la chanson et mon arrangeur qui avait fait le déplacement d’Abidjan, est reparti avec les données à Paris.

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Zaba Bongo a fait récemment l’actualité en ce qui concerne son penchant pour la culture jamaïcaine. On te voyait fumer dans une vidéo. Ce qui a suscité beaucoup de polémiques… Quelle explication ?

Je fume, c’est tout. Presque tout le monde fume. Il y a beaucoup de personnes qui fument. Sur Facebook, tout le monde peut dire ce qu’il veut. La drogue, c’est de la cocaïne, l’héroïne, les extases. Je ne prends pas ça. Moi je prends de l’herbe et c’est naturel. Je suis rasta.

En parlant de rastafarisme, parle-nous de l’album qui suit…

C’est une surprise. Mais je vous dirais simplement qu’il y aura beaucoup de surprises avec la Tour 2 Garde et Bebi Phillip. Ce sera une tuerie. Sur l’album, il y a beaucoup de choses. En ce moment, je suis en train de me faire connaître. Il faut que je fasse un truc pour avoir des fans et après, leur imposer mon style.

A quand la sortie de l’album ?

Ce sera en juillet ou août. Je pars à Paris en février et je reviens en avril. Entretemps, Bebi Phillip et la Tour 2 Garde me rejoindront là-bas. On fera le clip à Paris. On a beaucoup de choses à faire là-bas avant de revenir ici.

 

Parle-nous un peu de ton style qui est un peu particulier…

Oui, j’ai toujours voulu faire quelque chose qui est propre à moi. Vu que j’aime la musique africaine et la Dance soul, je me suis dit ‘’Pourquoi ne pas mélanger’’ ? Le son ‘‘Ma chérie Coco’’ ou ‘‘Tassaba’’ rentre un peu dans le Coupé-Décalé. J’ai longtemps cherché mon style mais j’ai fini par le trouver : c’est le « Zaga System ».

Penses-tu alors que le « Zaga System » a véritablement sa place à Abidjan ?

Ça va peut-être mettre du temps, mais ça finira par s’imposer. Les bonnes choses prennent toujours du temps pour s’imposer.

Tu es originaire du Togo et de l’Algérie. Est-ce qu’il y a aussi des collaborations de ce côté-là ?

Oui, j’ai un projet avec Toofan. Mais je ne sais pas si ce sera sur l’album ou pas. En ce moment, eux aussi sont en train de préparer leur nouvel album. Ça va être compliqué, mais ça va se faire.

A part Tour 2 Garde et Bebi Phillip, y a-t-il d’autres artistes ivoiriens qui ont participé à cet album ?

Il y a aussi Ana Beat qui est mon arrangeur.

« J’ai connu Douk Saga… »

Comment as-tu été accueilli par les artistes Coupé-Décalé ici ?

Je viens à Abidjan depuis près de 10 ans. J’ai connu tous ces artistes. Y compris Douk Saga. La Côte d’Ivoire c’est mon pays, en fait. Je m’y sens bien ici. Ça fait plus de 7 ans que je ne suis pas allé dans mon propre pays, le Togo.

Il se raconte que tu as eu des griefs avec DJ Arafat…

Je n’ai rien du tout avec Arafat. Lui, il a un côté qui me ressemble un peu. Peut-être qu’on va bien s’entendre, peut-être aussi qu’on ne va pas bien s’entendre. Il n’y a jamais eu de confrontation entre nous. Nous nous connaissons, même si on ne s’est jamais parlé. Arafat est quelqu’un de très intelligent. Très rapide dans la tête. Quand il voit un artiste arriver, il sait d’emblée s’il est bon. Il me connaît déjà. J’attends la suite.

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Est-ce qu’il t’arrive d’avoir des accrochages avec tes propres collaborateurs ?

Bien sûr, mais cela ne veut rien dire. Tant qu’il y a de l’amour, tout cela passe. J’ai déjà eu des problèmes avec mon producteur, j’en ai déjà eus aussi avec Bebi Phillip pour lesquels on ne s’est pas parlé pendant des semaines, mais tout a fini par rentrer dans l’ordre.

« Arafat me connaît… J’attends la suite… Bebi Philip, ça a été difficile entre lui et moi… »

Est-ce que la collaboration avec Bebi Phillip a été facile ?

Bebi Phillip me connait depuis bien longtemps. Il y a vraiment de l’amour entre lui et moi. A un moment même, il disait qu’il n’allait plus faire One shot à cause de moi, parce que je veux toujours faire ce que je veux. Mais, je l’ai appelé, on a parlé et on a tout recommencé. Ça a toujours été difficile entre lui et moi parce qu’il dit des choses que je ne veux pas, je dis aussi des choses qu’il ne veut pas. Mais on est vraiment de bons amis. On est des frères. C’est mon petit-frère.

Que veux-tu qu’on retienne de toi ?

Mon côté rebelle. J’ai vécu des moments difficiles dans la vie. J’ai toujours été rebelle. J’ai toujours voulu faire peur à une personne avant qu’elle m’approche.

N’étant pas particulièrement fort quand j’étais petit, j’avais une manière de faire peur. C’est comme Arafat. Physiquement il ne paie peut-être pas de mine, mais quand on entend Arafat, on a peur de faire de l’affronter.

Certains pensent que je fais comme Arafat. C’est faux. Quand j’ai commencé à chanter, Arafat n’était même pas dans la musique. Mon nom c’est ‘’Démon Lassi’’. Ce qui veut dire ‘’les démons vont fuir’’.

C’est en Togolais. Au Togo, je venais souvent sur scène en cercueil. Je faisais des trucs de ouf.

Tu as quitté le pays sous pression politique. Qu’est-ce qui s’était passé ?

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On m’a posé la question à la télé, de savoir qu’est-ce que je pensais de la politique togolaise. J’ai dit que les autorités actuelles sont au pouvoir depuis trop longtemps, et qu’elles devraient le quitter. Du coup, cela m’a créé des problèmes. Il se racontait plus tard qu’il y avait de la drogue chez moi, des armes… Des gens cherchaient des trucs. Et je suis parti. C’était en 2010.

Tu comptes rentrer un jour au pays ?

Je peux retourner au pays mais c’est moi qui ne veux pas. Je ne peux pas y retourner les maisons vides. Quand tu sors du pays, tu dois revenir avec quelque chose. J’ai quelque chose dans la tête. J’étais le numéro un au Togo et je suis parti en laissant mes fans. A qui j’ai dit que je reviendrais. Et si je rebondis à partir de la Côte d’Ivoire, qui est un grand pays, j’aurai prouvé aux Togolais que leur artiste, ce n’est pas du n’importe quoi. Ils commencent à le sentir déjà (rires).

Athanase Konan & KOKOA Stéphane

 

Zaga Bambo – TASSABA (Official Video)

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