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Saint Joe (styliste-modéliste) : Il refuse de faire de la couture dame parce qu’il a peur des femmes

saint joe stylisteNé en 1953 à Saponin, au Burkina Faso, le styliste modéliste Saint Joe répond à l’état civil Ilboudo Joseph. Lequel prénom qu’il a utilisé pour créer la griffe Saint Joe qui lui confère sa marque déposée en Côte d’Ivoire. Il est marié et père de trois enfants. Il totalise 36 années de professionnalisme dans la haute couture homme.

Une enfance marquée par la mort de son père

Très tôt, Ilboudo Joseph perd son père qui le laisse à la charge de sa mère. Désormais seule et submergée par les difficultés, la jeune maman n’est pas en mesure d’offrir l’éducation scolaire à son fils Joseph. Celui-ci est alors obligé d’écourter ses études après l’obtention du certificat d’étude d’entrée en 6ème pour apprendre la mécanique qui « n’est pas son genre ». Car malgré son jeune âge, Joseph, très timide rêvait de la couture, spécialement la couture pour homme : « Parce que j’avais peur des femmes. Je ne me voyais pas en train de toucher à une femme en prenant ses mesures », confesse le couturier.

Saint Joe, le diplômé de l’Académie internationale de Coupe de Paris

Armé de courage et d’abnégation, le jeune Joseph, alors âgé de 18 ans tente l’aventure de la Côte d’Ivoire où la couture nourrit son homme. En 1969, avec quelques notions en couture, le futur styliste modéliste suit sa formation chez César Kablan, puis chez Tidiam pour terminer chez un Nigérian. Ces quelques années de collaboration lui permettent d’ouvrir son propre atelier de couture.

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Très ambitieux, le jeune Saint Joe rassemble ses économies et s’envole en 1974 pour la France, le pays de la haute couture. « Je pouvais choisir, changer de métier, mais j’ai préféré continuer dans ce que j’ai commencé, c’est-à-dire la couture.» Après 6 ans de formation à l’Académie internationale de Coupe de Paris, Ilboudo Joseph obtient un diplôme de styliste modéliste professionnel en 1977.

En 1980, le couturier revient en Côte d’Ivoire pour s’y installer définitivement sous l’appellation de Saint Joe.

Le travail, son secret de réussite

« Il n’y a pas de secret dans la réussite si ce n’est par le travail. J’ai commencé à travailler très tôt. Et j’ai compris qu’il faut se battre pour y arriver », confie le designer. Son expertise, il l’a mise au service d’une centaine de jeunes qu’il a formé.

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Il retient de ces 36 ans de carrière deux événements qui l’ont beaucoup marqué. Il s’agit d’un défilé à l’Hôtel Ivoire : « C’était Tendance en 2004 ou 2006. Quand j’ai fini mon tour de défiler et que je suis sorti avec mes mannequins, tout l’Ivoire s’est mis debout pour m’acclamer. Ça m’a vraiment marqué.», raconte-t-il. Il y a aussi le jour où il a été élevé au rang de Chevalier de l’ordre du mérite des Arts.

Ses goûts et sa passion

Saint Joe Sinon aime tout ce qui est bon à manger et surtout le Kabato de chez lui avec la sauce gombo garnie de la viande de pintade. Sa couleur préférée est le blanc. Notre styliste modéliste aime à regarder les films policiers et surtout le journal télévisé, le dimanche son seul jour de repos de la semaine, pour bien se reposer et rester avec sa famille.

C’est un homme affable mais qui s’irrite face à l’hypocrisie qu’il condamne farouchement. « Moi je n’aime pas l’hypocrisie. Je fais beaucoup confiance aux gens. Et quand je me sens trahi, ça peut me tuer », clame le couturier qui a voulu ressembler à Smalto et Paco Rabane.

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Son appel

L’homme qui a habillé des personnalités d’Afrique, notamment des chefs d’État du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, conseille à ceux qui, veulent embrasser la carrière de couturier, beaucoup de patience et de sérieux : « Il ne faut pas être pressé dans la couture pour réussir. On ne perd jamais le temps pour apprendre », conseille-t-il avant de lancer un appel : « Maintenant, nous avons baissé les bras. Et si on ne fait pas attention, les autres capitales vont nous prendre le titre de capitale de la mode », dit-t-il.

Yolande K.

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