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Zimbabwe: Qui est Emmerson Mnangagwa, le nouveau président ?

L’ancien vice-président de Robert Mugabé à été investi président ce vendredi 24 novembre 2017. Jusqu’à ce que Grace Mugabé réclame sa tête, Emmerson Mnangagwa était un intime du chef de l’Etat. Portrait d’un homme aussi puissant que redouté.

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Surnommé le Crocodile, il est plus connu pour être un autocrate qu’un démocrate.

On ne sait pas le visage qu’affichera Emmerson Mnangagwa, lorqu’il occupera effectivement le fauteuil de Robert Mugabe. Sera-t-il l’homme qui fera entrer le pays dans la démocratie ? Le contexte de son arrivée au pouvoir ne lui laisse pas trop le choix. Cependant, son passé ne plaide pas en faveur d’un régime ouvert. En effet celui qui durant quarante ans a été le bras droit de Mugabe est redouté de tous. Sécurocrate à souhait, il a toujours représenté l’aile dure de tous les mouvements auxquels il a appartenu.

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Surnommé « le crocodile » pour son caractère impitoyable, Emmerson Mnangagwa est le pur produit d’une génération qui s’est forgée dans la lutte anticoloniale, avant de poursuivre ses travaux pratiques de brutalité dans les coulisses du pouvoir zimbabwéen. Pour le « Crocodile », ce fut presque toujours au premier rang. On ne lui connaît aucune faiblesse, aucune tendresse. Aucun sentiment. Et ce depuis l’âge de 12 ans.
Gamin, il monte une unité d’attaque surprise et commet son premier meurtre.

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Il a très vite intégré la lutte armée dans sa stratégie de combat. Il a été l’un des premiers adolescents à rejoindre la chimurenga, la « lutte de libération ». Il a une passion, le metier des armes. Entraînement et en Tanzanie. Formation militaire en Egypte et en Chine où il a été spécialisé aux renseignements. Revenu au pays, il intègre une unité très active, le « gang des crocodiles ». Leur mission ? Rentrer en Rhodésie du Sud, se fondre dans la nature et mener des actions de déstabilisation.

A 18 ans, il fait sauter une locomotive. Le même gang des crocodiles tuera un fermier résident et un réserviste de la police. Arrêté une seconde fois (la première fois, Mugabe l’avait tiré d’affaire) il est torturé, suspendu la tête en bas, battu interminablement. Il perd l’usage de l’oreille gauche, et échappe de justesse à une condamnation à mort. Là, il côtoie Robert Mugabe, qui va le séduire. Non seulement celui qu’il a contraint à quitter le pouvoir mardi dernier lui a déjà sauvé la vie, mais il découvre un homme qui passe le clair de son temps à accumuler des diplômes par correspondance et à organiser la résistance contre les forces coloniales. Emmerson Mnangagwa jure ne plus jamais quitter Mugabe. Et il ne l’a jamais fait jusqu’à son renvoi du poste de vice-présidence le 6 novembre dernier.

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Mugabe au pouvoir, il s’occupera de la sécurité de l’Etat
Il avait le profil de l’emploi. Emmerson Mnangagwa récupère les services de renseignement, le ministère de la Sécurité de l’Etat et se montre volontiers quand le régime de Mugabe a besoin de frapper. Dans les années 1980, lorsque la division Gukurahundi, entraînée par les Nord-Coréens, se déchaîne sur l’ouest et le sud-ouest du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa descend sur le terrain. Bilan, plus de 20 000 morts. Il y était justement avec… les officiers qui étaient au premier plan ‘’du coup d’Etat ‘’ de ces derniers jours. A commencer par le général Chiwenga. On les retrouvera, les mêmes officiers et Emmerson Mnangagwa, dans la guerre de République démocratique du Congo avec le contingent zimbabwéen envoyé au secours de Laurent Désiré Kabila. Quand le Zimbabwe est accusé par les Nations Unies de piller la Rdc, notamment son diamant, ce sont eux et non Mugabe, qui sont sur le terrain.

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Le bourreau de Morgan Tsvangirai.

Quand l’opposition gagne le premier tour de l’élection présidentielle, la seule ouverte sous Mugabe, il faut tout faire pour écarter Morgan Tsvangirai, le candidat intrépide. Qui est là ? Emmerson Mnangagwa. On lui attribue les violences inouïes contre l’opposition entre les deux tours : plusieurs centaines de morts. Le jour du second tour il n’y a plus qu’un seul candidat : Robert Mugabe. A ce jeu, on ne perd pas, c’est simple et c’est mieux.

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Il avait promis faire tomber Mugabe

Le 8 novembre, deux jours après avoir été limogé de la vice-présidence, Emmerson Mnangagwa avait lancé cette promesse depuis l’Afrique du Sud : « Vous et votre cohorte allez quitter la Zanu-PF par la volonté du peuple, et nous allons vous y pousser dans les semaines qui viennent ! » Il est installé sur le fauteuil de celui qu’il a servi quatre décennies durant. Il a promis jouer à fond la carte de la démocratie. C’est un soldat, il peut réussir ce combat.

MP

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