Aicha Koné artiste musicienne Ivoirienne
• «Wassa» ton nouvel album, est sur le marché depuis la rnsemaine dernière. Que signifie ce titre ?
- En effet, «Wassa» rnsignifie : satisfaction, délivrance. C’était ça mon souci, ma rnpréoccupation. Mais en même temps, je me dis que c’était aussi celle dern beaucoup d’Ivoiriens et des gens résidant sur le sol ivoirien. Que la rnguerre puisse vraiment finir pour de bon. J’ai foi. Il faut être rnpositif pour dire que la guerre, aujourd’hui, c’est derrière nous. rnDonc, pour moi, c’est une satisfaction. Le titre phare, c’est «moriba rnyassa». C’est une danse populaire. Mais avec des tenues bizarres ! Qui rnvous donnent à penser que vous êtes fou. Alors que vous ne l’êtes pas.
• Pourquoi avoir rnporté ton choix sur «moriba yassa» ?
- «Moriba yassa» ? Parce que chez nous, rnlorsqu’on émet un vœu, nourrit une ambition, même s’il est interne, rnsubjectif, rn le jour où ce vœu devient une réalité et qu’onrn avait promis cette danse, on le fait. C’est pour ça, à un moment rndonné, sur un journal, on m’avait vue habillée en haillons (faits de rnsacs de jute). Les gens ont mis «Aicha atteinte de folie !». C’était rn«Moriba yassa». Parce que c’est la folie ! Pas une folie réelle. Mais rnune folie qui s’apparente à la joie. C’est en fait l’expression de la rnjoie ! C’est l’effervescence ! On ne se contrôle pas. On dit merci au rnSeigneur. Dans la rue, lorsqu’on le fait. Parce qu’il faut sortir en rnhaillons. Beaucoup de gens, surtout les femmes vous suivent. Il y a quern souvent on partage les mêmes problèmes. Quand il y a des problèmes, ilrn s’agit de nos enfants. Pendant cette guerre, c’étaient nos époux, nos rnenfants, nos amants. Beaucoup de femmes se sont jointes à moi. Ensemblern dans la rue, on a dansé le «yassa».
• Tu as chanté le rnlion en Guinée (Lansana Conté).
rn Tu chantes le «lion de Mama»rn (Laurent Gbagbo) en Côte d’Ivoire !
- Koné diarra. Koné! rnParce que ce sont des lions, des buffles, des taureaux. Parce que la rnmère de Soundjata est une Koné.
rn Tu ne peux pas parler de Soundjata en écartantrn les Koné. C’est pour ça que Lansana Conté est un lion. Mais Gbagbo rnici, je prends le cas de son parcours. Plus de trente ans de lutte. Il arn su tenir tête jusqu’à ce qu’il soit au pouvoir aujourd’hui. Il a un rnprogramme auquel tous ceux qui ont besoin d’être libérés un jour, rnd’avoir des enfants qui vont avoir une Afrique libérée devraient se rnjoindre. Je le soutiens par rapport à son combat. C’est pourquoi, je rndis qu’il est un «lion».
• Un album à thème…
- Effectivement ! C’estrn un album à thème. Parce qu’après, tu as cette reprise de la chanson
rn«Africa liberté» (Le bûcheron : titre original : ndlr) de Franklin rnBoukaka. Qui est chanté depuis depuis 1964. J’avais peut-être huit ans !rn Quand j’entendais
rnfredonner «Africa liberté». Mais, cette chanson est toujours rnd’actualité. L’Afrique veut sortir de son carcan. Se libérer du joug du rn colonisateur. Il y a cette chanson que j’appelle «Première femme».
• Pourquoi «Première rnfemme» ?
- Parce que l’homme … rnvous rn faites tout ensemble. Mais, quand il voit une rnseconde, une troisième, une quatrième femme, il semble se détacher rndoucement de la première. C’est donc une complainte de la première rnfemme. J’aimerais que beaucoup de femmes qui sont dans cette situation rnsoient réconfortées.
rn rn
Par Justin Kassy
rn rnkassyjustin@yahoo.frrn
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