
Il sera cependant toujours considéré comme un auteur féministe. En peignant des femmes l'image de guerrières intrépides, il relance par la bouche de la gent féminine, la question de la fragilité du pouvoir mâle.
Biographie d’un monument
De retour de Strasbourg où il obtient son doctorat d’Etat, Zadi Zaourou devient, très vite, en tant qu’enseignant à l’Université d’Abidjan, une vraie star. Oui, une star, de par son atypique vision de l’enseignement, de la contestation politique et de la perception des arts et de la culture africains. Au point qu’aujourd’hui, encore, l’on en est à sentir dans son œuvre comme un goût d’inachevé.
Le concepteur du Didiga moderne a porté l’art dramatique ivoirien moderne sur les fonts baptismaux, par un savant cocktail harmonieux des genres. Ce poète, comme on en trouve rarement encore dans le monde, sait apprécier le mot dans sa polyvalence sémantique pour en faire un allié redoutable. Son écriture irradie tous les arts et son engagement pour la culture est reconnu de tous. Il connut une carrière réussie d’enseignant-chercheur à l’Université de Cocody, précisément à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, et à l’Unité de Formation et de Recherche Langues, Littératures et Civilisations.
Ce quêteur insatiable écrit pour rendre compte de son temps à travers «l’art de l’impensable», ainsi qu’il définit le Didiga.
Cependant, l’adéquation entre la théorie qu’il formalisa et son action politique à travers le parti qu’il créa en 1990, l’Union des socio-démocrates (Usd) et limitée dans la pratique, semble l’avoir desservi. Le parti n’est plus que l’ombre de lui-même et la plupart de ses disciples qui l’y avaient rejoints ont déchanté de la politique.
Au point que Zadi ne consacre ses dernières années, sa plume qu’à l’animation de chroniques dans des journaux. Chroniques dont l’hermétisme, pour ne pas dire la valeur ésotérique, n’a d’interlocuteurs que des initiés. Il n’empêche, son dernier recueil, "Les quatrains du dégoût", publié en 2008, plonge le lecteur, sans faux-fuyant, dans les 20 dernières années d’une Côte d’Ivoire en perte de repères. Où la violence a pris le pas sur la raison, où le maître n’a plus la révérence de l’élève, où l’idéal démocratique a cédé face à l’idéologie et la démagogie. Musicien, promoteur, dès la fin des années 1970 de l’arc musical, Zadi Zaourou est aussi un critique musical averti. Mais au-delà, il est un farouche défenseur de la tradition orale africaine qui met en dialogue discours historique, musique épique et esthétique littéraire. oeuvre à laquelle il consacre encore son énergie au Groupe de recherche en tradition orale (Grto) dont il fut le directeur pendant plusieurs années.
Que laisse-t-il ?
Livres
• Fer de lance, livre I, 1975
• Césarienne (Fer de lance, livre II)
• Aube prochaine
• Les chants du souvenir
Pièces de théâtre
• 1968 : Sorry Lombe
• 1974 : Les sofas et L'œil
• 1979 : La tignasse
• 1981 : La termitière
• 1984 : Le secret des dieux
• 1984 : Le Didiga de Dizo
• 1985 : La guerre des femmes
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