A Bruxelles, Benoît Hamon rattrapé par la politique française et les affaires

Après un meeting réussi à Bercy et un débat en demi-teinte, les difficultés de la campagne électorale reprennent le dessus pour le candidat Benoît Hamon. Dernier exemple en date ce 21 mars lors d’un autre meeting, à Bruxelles cette fois-ci.

Avec notre envoyée spéciale à Bruxelles, Anissa El Jabri

media
Benoît Hamon en meeting à Bruxelles, le 21 mars 2017. 

A nouveau rattrapé par les polémiques à Paris, Benoît Hamon voulait parler d’Europe ce mardi 21 mars à Bruxelles, en Belgique. Au lieu de cela, le candidat à la présidentielle a dû répondre sur l’affaire Bruno Le Roux. Le ministre de l’Intérieur a démissionné ce 21 mars, soupçonné d’avoir employé ses filles comme attachées parlementaires quand il était député alors qu’elles étaient mineures.

« Nous avons aujourd’hui une forme de soupçon qui pèse sur la classe politique tout entière, a déclaré Benoît Hamon. Il faut pouvoir dans ce domaine lever le soupçon ». « Ce n’est pas bon pour moi, dit le candidat en privé, parce que cette fois, c’est un socialiste comme moi qui est concerné ». Benoît Hamon est toujours sous le coup de la déception de sa prestation au débat la veille.

Et la série noire continue, avec le premier ralliement d’un membre du gouvernement à Emmanuel Macron, à savoir la secrétaire d’Etat à la Biodiversité Barbara Pompili, suivi de celui d’un conseiller à l’Elysée, un proche du président, Bernard Poignant. « Une telle déloyauté en pleine campagne, c’est du jamais vu », selon un de ses amis.

Agenda chargé

Agacé, dans le vent glacial de la capitale belge et très atteint par le décès d’Henri Emmanuelli, son mentor, Benoît Hamon a bien du mal à l’évoquer en meeting quelques heures après encore sa disparition.

« Ça m’a coupé le souffle ce matin quand j’ai appris qu’il s’était éteint, raconte-t-il. Là où il est, je l’imagine grommeler : « Tais-toi maintenant, tu en as déjà assez dit ». Mais je veux lui dire combien il me manque et il nous manquera ».

Emu et épuisé, le candidat en fait trop. L’avis est unanime dans son équipe : il faut alléger son agenda. Son entourage envisage même d’annuler des déplacements. Benoît Hamon est le candidat qui court après le temps et les sondages mais sa campagne patine toujours.

Rfi.fr