A la Une: la dégringolade d’Emmanuel Macron

Les sondages ne sont pas bons pour le président. Sa cote de popularité est en chute libre. « Dur retour sur terre pour le jeune jupitérien de l’Élysée », ironise Le Midi Libre. Les journaux français analysent les raisons de ce retournement de situation. Au début, tout avait bien commencé, raconte Libération. « Les premiers pas du chef de l’État à l’international ont été plutôt intéressants », juge le quotidien.

A la Une: la dégringolade d'Emmanuel Macron

Kiosque à journaux. 

Mais c’est sur le plan de la politique intérieure que rien ne va. Le gouvernement ne cesse d’annoncer des économies, explique La Nouvelle République du Centre-Ouest. Pour lui, ces coups de rabot, « ce ne sont que de modestes épluchures. Mais pour ceux qui sont rabotés, il s’agit bien de copeaux épais (…) Le premier coup de rabot fut les 850 millions supprimés à la Défense (…) A suivi l’épisode de l’APL (…) Celui des collectivités territoriales qui font les frais de 300 millions d’euros de crédits », liste le quotidien régional. Mais « c’est surtout la méthode qui passe mal », analyse La Nouvelle République du Centre-Ouest. « Le président avait promis de grandes réformes de structure. Pour le moment, on voit plus le rabot que la truelle. » « Les mesures prises jusqu’à présent donnent un sentiment d’injustice sociale qui pourrait bien revenir en boomerang à la rentrée quand on reparlera de la loi travail », insiste Libération.

Un problème de fond

Pour le quotidien, si le serrage de vis budgétaire explique en partie la chute d’Emmanuel Macron dans les sondages, le problème est en réalité bien plus grave. Les Français commencent à s’inquiéter de la toute-puissance du président, estime Libération. L’impérieux « Je suis votre chef » asséné aux armées, résonne et fait craindre à nombre d’acteurs de la société civile que ce ne soit un « principe général de gouvernement ». Le président gère tout, décide de tout, contrôle tout, raconte Libération. Matignon n’a guère son mot à dire. Ainsi, un ministre raconte à Libération: « Notre interlocuteur principal, c’est l’Élysée. Ils sont réactifs: on a une réponse dans la demi-heure. Avec Matignon, ça prend trois jours minimum… »

Un président ouvert au dialogue en apparence

Oui, mais en apparence seulement. Or « le décalage entre les paroles, l’image et les actes se fait de plus en plus criant », écrit Libération qui donne plusieurs exemples. Emmanuel Macron tient les médias à l’écart, « lui qui, en plein “Fillongate”, disait son “plus grand respect pour le rôle de contre-pouvoir des médias” ». Toujours en pleine affaire Fillon, il « demande qu’on “laisse la justice travailler” et qu’on cesse de la “critiquer” ». Mais lors des commémorations de la rafle du Vel d’Hiv, «il n’hésite (…) pas à interférer dans un dossier en cours d’instruction».

Idem avec Angela Merkel que le président remercie d’avoir accueilli un million de réfugiés alors que dans le même temps, les policiers pourchassent les migrants à Calais. Nouvelle volte-face fin juillet: Emmanuel Macron prend fait et cause pour les réfugiés et veut que d’ici la fin de l’année, plus personne ne dorme dans les bois ou les rues en France.

Le double langage d’un homme qui décide seul, et qui apparaît finalement isolé et potentiellement déconnecté des réalités, voilà le problème selon Libération. Il est temps qu’Emmanuel Macron explique son action et laisse ses ministres agir. Le quotidien L’Alsacepartage cette analyse: «Emmanuel Macron décontenance plusieurs couches de la population par l’annonce de mesures souvent mal comprises, parce que mal expliquées.»

L’arrivée de Neymar au PSG

« Neymar est parisien », se réjouit Le Parisien-Aujourd’hui en France alors que le joueur est attendu ce matin, à Paris. Il aimerait jouer dès demain, face à Amiens, nous apprend L’Équipe qui ne boude pas son plaisir. Le plus gros transfert de l’histoire a finalement été conclu au terme d’un « long feuilleton et d’interminables tractations », peut-on lire. Et à l’arrivée, c’est le monde qui « vient de changer ». L’Équipe n’a pas peur des mots ni du ridicule. Pour le quotidien, qui revendique « le droit de s’ébahir, de s’ébaubir, de se réjouir », l’arrivée de Neymar, « l’un des 3 meilleurs joueurs du monde », c’est « l’un des événements les plus importants du football français de ces 30 dernières années ». L’Équipe l’assure: «le PSG va devenir une marque mondiale» la ligue 1 sera sous les feux des projecteurs… Bref, le football français va enfin compter à nouveau.

Compter mais à quel prix ?

Le montant du transfert de Neymar (222 millions d’euros) continue de faire réagir. « La société du spectacle nécessite-t-elle vraiment autant d’argent pour le seul divertissement des hommes ? » s’interroge ainsi Le Figaro, ce matin. « Notre époque, qui aime à se nourrir de gigantisme (…) devrait mieux s’interroger sur le sens profond de cet événement afin de revenir, si elle le peut encore, à la mesure. »

Un avis que ne partage pas du tout un autre quotidien de droite, L’Opinion qui aimerait que l’on traite les entreprises comme les sportifs et que l’on généralise cette règle: « Le risque et le succès méritent rétribution adéquate. »

« Gros gains » ne riment pas avec « grand cœur »

Lionel Messi a pu en faire l’amère expérience. Expérience que nous raconte Ouest-France ce matin. Pour son mariage, le 30 juin dernier, l’ancien coéquipier de Neymar avait demandé à ses invités de ne pas lui faire de cadeaux, mais de faire un don à Techo, une association argentine qui construit des maisons pour les sans-abris et les mal-logés.

260 invités parmi lesquels des stars venues pour certaines en jet privé jusqu’à Rosario, en Argentine: Gérard Piqué et sa femme, Shakira, Lavezzi, Aguero, Samuel Eto’o, Neymar, Suarez, Umtiti… Et à l’arrivée, 9 500 euros récoltés, soit 36,50 euros par personne en moyenne. Les médias argentins n’en reviennent pas et jugent cela scandaleux, rapporte encore Ouest-France, d’autant plus scandaleux que, le soir du mariage, dans un casino ouvert pour l’occasion, Gérard Piqué a perdu 15 000 dollars.

Par Marine de La Moissonnière
Rfi.fr