Abou Dhabi accusé de torture dans des prisons secrètes au Yémen

Les Emirats Arabes Unis auraient installé des prisons secrètes au Yémen et y pratiqueraient la torture, révèlent deux enquêtes distinctes de l’ONG Human Rights Watch et de l’agence de presse américaine Associated Press. Ces sites clandestins auraient été mis en place au nom de la lutte anti-terroriste.

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Des partisans des rebelles houthis à Sanaa, au Yémen, le 23 juin 2017.

Au moins 18 prisons secrètes auraient été aménagées au Yémen, dans des bases militaires, un aéroport, des maisons et même une boîte de nuit. D’après les témoignages recueillis par l’agence de presse américaine Associated Press, des centaines de personnes seraient détenues et torturées dans ces installations clandestines, des centres gérés par les Emirats Arabes Unis ou par leurs alliés yéménites. Et où des prisonniers auraient été interrogés par des agents américains.

De son côté, Human Rights Watch a obtenu des informations concernant deux prisons secrètes. L’organisation de défense des droits de l’homme s’intéresse à 49 cas de disparitions forcées, de tortures ou de détention arbitraires.

Selon Ahmed Benchemsi, de Human Rights Watch, c’est au nom de la lutte contre les branches locales d’al-Qaïda et du groupe Etat islamique que ces pratiques illégales ont été mises en place sur le sol yéménite. « Quel que soit le profil des détenus et même s’il y a des suspicions d’actes illégaux entre ces détenus, cela ne justifie en rien les arrestations arbitraires, la torture, le fait que leurs familles ne sachent pas où ils sont. Tout le monde a des droits. Il faut lutter contre les extrémistes et les terroristes, mais il y a des procédures judiciaires à respecter. Le fait de violer ces procédures judiciaires n’aide absolument en rien la lutte antiterroriste », affirme Ahmed Benchemsi.

Les Emirats Arabes Unis rejettent ces accusations. De son côté, le gouvernement yéménite a ordonné l’ouverture d’une enquête.

Rfi.fr