Afghanistan: attaque suicide des talibans contre un convoi de l’Otan

Les talibans ont mené mercredi une attaque suicide contre un convoi de l’Otan près de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, faisant «des victimes» selon un porte-parole de la coalition. Le kamikaze a foncé sur le convoi à bord d’un véhicule bourré d’explosifs. Les violences se multiplient dans le pays. Les proches des victimes de l’attentat survenu mardi 1er août contre une mosquée chiite à Hérat, dans l’ouest de l’Afghanistan, enterrent leurs morts. L’attaque qui a fait 30 morts a été revendiquée par l’organisation Etat islamique.

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Des militaires américains évaluent les dégâts causés par l’attaque contre un convoi de l’Otan après une attaque
kamikaze dans la province afghane de Kandahar, le 2 août 2017.

L’opération « Résolute Support » (RS), la mission d’encadrement de l’Otan qui vient en appui aux forces de sécurité afghanes, confirme l’attaque d’un convoi de l’Otan près de Kandahar.  Selon le porte-parole de la police provinciale Zia Durrani cité par l’AFP, « une voiture piégée a foncé sur un convoi des forces étrangères vers midi à Daman », près de l’aéroport de Kandahar, la capitale du sud. Le dernier attentat en date contre les forces de l’Otan s’était produit début mai à Kaboul à une heure de grande affluence, tuant huit passants et en blessant 28 autres.

Le général John Nicholson qui commande l’opération « Resolute Support » a réclamé l’hiver dernier le renfort de plusieurs milliers hommes pour venir à bout des deux fronts, menés par les talibans et par le groupe Etat islamique.  Le patron du Pentagone, Jim Mattis, s’est rendu en avril en Afghanistan, le sénateur républicain John McCain le 4 juillet. Mais jusque-là aucune décision officielle n’a été prise sur d’éventuels renforts.

En l’espace de 72 heures, l’Afghanistan a connu plus de trois attentats meurtriers perpétrés par deux acteurs qui accentuent la pression sur les autorités, rapporte notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghezali. D’un côté, les talibans, auteurs de l’attaque perpétrée ce mercredi contre un convoi de l’Otan. De l’autre, le groupe Etat islamique, à l’origine de l’attaque contre l’ambassade d’Irak à Kaboul lundi et de celle menée hier soir contre une mosquée chiite à Hérat.

Si les talibans s’en prennent essentiellement aux représentants du gouvernement en visant les employés des ministères, ils visent aussi les troupes étrangères, ainsi que les médias. Cela fait quatre mois qu’ils ont lancé l’offensive de printemps qui correspond à la reprise et à l’intensification des combats.

Les forces armées afghanes doivent ainsi mener deux luttes de front : celle contre les insurgés talibans, donc, et celle contre le groupe Etat islamique qui s’est implanté en janvier 2015 dans l’est de l’Afghanistan et qui ne cesse de s’étendre, notamment dans le nord en s’attaquant régulièrement à la minorité chiite du pays.

Dans ce conflit qui dure depuis plus de 15 ans, la population paie un lourd tribut. Le nombre de victimes civiles a atteint un nouveau record avec 1 662 personnes tuées et 3 580 blessés au cours des six premiers mois de l’année. Soit 2 % de victimes civiles en plus par rapport à l’année dernière, selon l’ONU qui indique que Kaboul est la ville où la violence est la plus importante.

Dans la capitale afghane, les murs de béton armé anti-explosion s’élèvent devant les ministères, les tribunaux, et les résidences des hommes d’affaires, alors que des portiques de sécurité ont été installés en plusieurs endroits afin d’empêcher les camions de s’approcher de la zone verte où se trouvent de nombreuses ambassades étrangères.

Rfi.fr