Afrique du Sud: l’émergence de la Saftu peut-elle faire imploser la Cosatu ? 

En Afrique du Sud, la création d’une nouvelle fédération syndicale, la Saftu vendredi 21 avril, est un coup dur pour l’ANC et son alliée historique, la centrale syndicale Cosatu, jugée trop proche du pouvoir. La Saftu, qui a été fondée notamment par le syndicat de la métallurgie Numsa, le plus important du pays, regroupe 21 organisations et compte déjà 700 000 membres. A mesure que le front anti-Zuma se consolide, les divisions se creusent du côté de l’ANC et de ses alliés.

L’ex-secrétaire général de la Cosatu et fraîchement élu à la tête de la Saftu, Zwelinzima Vavi, le 1er mai 2016.

A l’issue de son congrès fondateur, la Saftu a officiellement élu son secrétaire général, Zwelinzima Vavi qui était à tête de la Cosatu jusqu’à son expulsion il y a deux ans. « Nous déclarons que la Cosatu et le gouvernement de l’ANC sont les ennemis des forces démocratiques et les ennemis de tous les syndicats indépendants », a-t-il proclamé.

La Saftu est désormais la quatrième plus grosse fédération syndicale sud-africaine, mais elle entend bien rallier d’autres membres dans les mois qui viennent. D’autant que les dissensions sont de plus en plus importantes au sein de sa grande rivale la Cosatu.

Le président de la Cosatu, Sdumo Dlamini, est sur la sellette, critiqué en interne pour s’être rendu à l’anniversaire de Jacob Zuma il y a dix jours, contre l’avis des autre membres de la fédération qui appellent à la démission du chef de l’Etat.

Plusieurs leaders syndicaux membres de la Cosatu seraient prêts à voter une motion de censure pour expulser Sdumo Dlamini d’ici le mois de juin. Une décision qui pourrait ébranler encore un peu plus cet allié historique de l’ANC.

Samedi, le secrétaire général de l’ANC, Gwede Mantashe, a lancé une mise en garde. Selon lui, si l’alliance tripartite composée du parti majoritaire, du parti communiste et de la Cosatu implose dans les prochains mois, l’ANC risque d’échouer aux élections de 2019.

Rfi.fr