Afrique du Sud: l’opposition redoute un exil de la famille Gupta

L’opposition sud-africaine craint que la puissante famille indienne Gupta, proche de Jacob Zuma, ne se prépare à quitter définitivement le pays, ce qui rendrait toutes les poursuites très difficiles. Cette semaine, les Gupta ont en effet annoncé la vente de leur empire médiatique et de leur compagnie minière.

Le puissant homme d’affaires Atul Gupta, ici en 2013 près de Pretoria en Afrique du Sud.

Les questions autour des activités de la famille Gupta sont nombreuses cette semaine, mais les réponses restent rares.

La fratrie indienne a annoncé la cession de ses activités médiatiques et minières ces jours-ci mais les acheteurs sont soupçonnés d’être de simples prête-noms, qui permettront aux industriels indiens de poursuivre leurs activités en sous-main depuis l’étranger.

L’inquiétude du Parlement

Le Parlement a fait part de son inquiétude. L’ancien ministre des Finances Pravin Gordhan a notamment remarqué que ces transactions « concernent des entités et des compagnies soupçonnées d’être impliquées dans des tentatives de prise de contrôle de l’Etat ». Une enquête doit maintenant être ouverte en urgence, a-t-il prévenu.

Les députés de l’Alliance démocratique craignent quant à eux que la famille Gupta ne se replie à Dubaï, où il ne sera plus possible de les poursuivre, faute d’accord d’extradition avec l’Afrique du Sud.

Sourde oreille

Face à ces inquiétudes, le gouvernement semble bien décidé à faire la sourde oreille. Interrogé par les députés, le vice-président Cyril Ramaphosa a assuré que le président Jacob Zuma allait « nommer une commission d’enquête » sur la prise de contrôle de l’Etat, mais sans avancer aucune date claire.

Le ministre des Mines, appelé à s’expliquer devant le Parlement, a quant à lui indiqué être retenu par des affaires pressantes. Jeudi, l’ANC a publié un communiqué pour féliciter l’ancien porte-parole du gouvernement Mzwanele Manyi, racheteur controversé de l’empire médiatique de la famille Gupta.

Rfi.fr