En Afrique du Sud, le monde des affaires se mobilise contre le président Zuma

En Afrique du Sud, alors que les appels à la démission du président Jacob Zuma se multiplient après la publication d’un rapport compromettant sur ses liens avec une riche famille d’hommes d’affaires, les Gupta, le milieu des affaires sort de son silence. Cette semaine, les PDG des plus grosses entreprises du pays se sont mobilisés et ont pris position : le président Zuma doit partir, il nuit au climat des affaires, alors que l’économie sud-africaine est mal en point.

Manifestation à Pretoria ce mercredi 2 novembre réclamant la démission de Jacob Zuma.
© REUTERS/Mike Hutchings
Plus de 80 PDG en costume-cravate qui descendent dans la rue, c’est une image assez rare et révélatrice de l’inquiétude du milieu des affaires. Parmi eux, on retrouve le PDG du groupe minier AngloGold, la présidente de la Bourse de Johannesburg, ou encore le patron de la banque Barclays. Des pointures qui s’inquiètent de l’impact sur l’économie des décisions prises par le chef de l’Etat et son gouvernement.

Pour Sipho Pityana, PDG d’Anglogold Ashanti, 3e producteur d’or au monde, le chef de l’Etat doit démissionner : « Nous sommes à un moment charnière où tant que le président Zuma sera à la tête du pays, nous ne pourrons changer la situation. Nous avons été très clairs, nous avons écrit au président, nous avons demandé à le rencontrer et nous lui avons dit qu’à notre avis, il n’a plus l’autorité morale pour diriger ce pays. »

L’année dernière, Jacob Zuma avait créé la panique sur les marchés financiers après avoir nommé l’un de ses proches au poste de ministre des Finances. Et les révélations sur ses liens compromis avec la famille Gupta ne vont qu’aggraver la situation, estime Cassim Covadia, le président de l’association des banques sud-africaines :

« Les politiques sont en train de créer un environnement dans lequel un petit groupe d’élite a les mains libres pour enfreindre toutes les règles pour s’enrichir et ça n’est pas bon pour l’économie. Et donc, en tant que chefs d’entreprise, nous ne pouvons pas ne rien faire, nous devons sortir de notre silence et promouvoir la bonne gouvernance. »

Tous demandent des changements à la tête du gouvernement, mais également plus de contrôle, d’éthique. Et ce alors que le mois prochain, plusieurs agences de notation doivent revoir la note souveraine du pays.

Par RFI