Allemagne: l’existence d’un cartel automobile dénoncé en premier par Daimler

Selon plusieurs médias, le fabricant Daimler aurait avoué en premier l’existence d’une vaste entente entre les constructeurs automobiles allemands sur les aspects techniques de leurs voitures, et notamment le système de filtration des émissions polluantes.

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Daimler, qui selon des médias allemands, a été le premier à révéler l’entente, devrait donc être exempté d’amende.

Après le séisme du « Dieselgate », cette nouvelle affaire devrait faire l’effet d’un tsunami pour l’industrie automobile allemande outre-Rhin. Vendredi 21 juillet, le magazine Der Spiegela révélé que les plus gros constructeurs automobiles allemands (Volkswagen, Audi, Porsche, toutes trois propriétés du groupe Volkswagen, ainsi que BMW et Daimler) auraient eu depuis les années 1990 des réunions secrètes pour s’accorder sur des aspects techniques de la construction des voitures – systèmes d’embrayage, toits ouvrants, système de filtration des émissions polluantes –, limitant ainsi les possibilités d’innovation et défiant toutes les lois de la concurrence.

Toujours selon Der Spiegel, Volkswagen se serait dénoncé aux autorités anticartel en juillet 2016. Mais ce mardi, plusieurs médias, dont le quotidien Süddeutsche Zeitung, rapportent que Daimler se serait dénoncé « nettement plus tôt » que son concurrent.

Les entreprises concernées nient en bloc. Mais déjà leur crédibilité est atteinte. Depuis ces révélations, les valeurs automobiles sont en fort recul à la Bourse de Francfort. Les autorités européennes de la concurrence sont en train d’examiner les informations dont elles disposent. Pour l’instant, aucune enquête n’est ouverte.

Daimler, qui a dénoncé le cartel en premier, sera vraisemblablement exempté d’amende. Pour les autres, l’addition devrait être salée. En 2016, pour une affaire similaire, quatre fabricants de camions, dont Daimler, avaient été condamnés à verser 3 milliards d’euros. En théorie, l’amende peut aller jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, sans compter les plaintes des clients.

Rfi.fr