Arrestation de l’auteur présumé de l’attentat du Nouvel An à Istanbul

Un vice-premier ministre turc avait déclaré jeudi que l’homme avait été localisé. Sa cavale aura duré 15 jours.

Il aura fallu plus de deux semaines de chasse à l’homme pour retrouver l’auteur présumé de la fusillade du Nouvel An dans une discothèque d’Istanbul, le Reina. Plusieurs médias turcs, dont la télévision d’Etat TRT et le journal Hürriyet, ont annoncé dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 janvier que l’homme avait été capturé à Istanbul.

Des fleurs et des photos des victimes de l’attentat, devant le club Reina, à Istanbul, le 4 janvier 2016.

Selon l’agence progouvernementale Anadolu, le suspect se nomme Abdulgadir Masharipov. L’agence de presse Dogan a précisé qu’il utilisait comme nom de code Abou Mohammad Khorassani au sein de l’Etat Islamique (EI). Il avait déjà été identifié sous ce nom par les services de renseignement et la police antiterroriste d’Istanbul comme un Ouzbek de 34 ans, faisant partie d’une cellule de l’EI en Asie, selon des articles parus dans la presse turque le 8 janvier.

L’homme a été retrouvé avec son fils de quatre ans dans un appartement du quartier stambouliote d’Esenyurt, lors d’une vaste opération policière, selon TRT. L’arrestation s’est produite lors d’un coup de filet mené conjointement par la police et les services secrets turcs MIT au milieu de la nuit. La police avait repéré la cache du suspect trois jours auparavant et l’avait suivi pour pouvoir identifier ses complices.

35 personnes arrêtées

Depuis l’attentat, les autorités avaient renforcé les contrôles aux frontières pour éviter que l’assaillant ne leur échappe, et des informations laissaient entendre qu’il n’avait jamais quitté la ville. Selon la chaîne TRT, le suspect résidait dans un appartement loué par un ressortissant kirghize à Istanbul, qui a également été arrêté.

L’agence Anadolu rapporte que cinq personnes ont été appréhendées dans l’opération de lundi soir, dont trois femmes. Le fils du suspect a été confié aux services sociaux. Au moins 35 personnes avaient déjà été arrêtées en lien avec l’attentat avant cette opération policière, selon le décompte d’Anadolu.

Le suspect a été conduit au siège de la police stambouliote pour y être interrogé, et d’autres opérations policières ont eu lieu dans la ville. Jeudi, un vice-premier ministre turc avait déclaré que l’homme, qui avait tué 39 personnes et fait plus de 60 blessés dans le club le Reina, au bord du Bosphore, avait été localisé.

Attentat revendiqué par l’EI

A 1 h 15, dimanche 1er janvier, un assaillant armé d’un fusil d’assaut avait surgi devant la boîte de nuit Reina. Après avoir abattu un policier et un civil qui se trouvaient devant l’entrée, il avait ouvert le feu sur la foule dans la discothèque, où 700 à 800 personnes fêtaient le passage à l’année 2017.

« D’une façon sauvage et impitoyable, il a mitraillé des personnes qui étaient simplement venues célébrer le Nouvel An », avait alors déploré le gouverneur de la ville, Vasip Sahin. Après être entré dans la discothèque, l’assaillant avait tiré au hasard sur la foule. Selon la chaîne d’information NTV, plusieurs personnes avaient plongé dans le Bosphore pour échapper aux coups de feu.

Dès le lendemain, le premier ministre turc, Binali Yildirim, avait annoncé qu’une grande chasse à l’homme avait été lancée dans le pays pour rattraper le suspect, qui avait apparemment fui en changeant de vêtements après l’attaque. L’annonce précisait que l’agresseur avait laissé son arme sur les lieux et « profité de l’anarchie pour s’enfuir ».

Le même jour, le groupe djihadiste EI avait revendiqué cet attentat, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

LeMonde.fr