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Asa, une reine en territoire conquis

C’est un auditorium du Palais des congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire transformé en palais royal pour la nouvelle reine de la soul qu’est devenue l’artiste nigériane Aşa qui lui a fait révérence le samedi 3 octobre, à la faveur d’un concert humanitaire qu’elle y donnait.

 Un concert acoustique qui a ravi le cœur des mélomanes qui ont repris en chœur tel un hymne à sa majesté, les refrains de ses titres. C’est donc une reine en territoire conquis qui a, tout aussi, réconcilié les puristes de la musique avec cet art de la scène. Guitares mélancoliques, glissandos assoupis, touches de reggae cotonneux, percussions en boucle fantomatiques, orgues. A peine plus âcre qu’autrefois, la voix soupire, caresse, s’évanouit. Sous l’eau dormante, un abandon intense. Une aussi longue absence a clarifié la petite musique de nuit. Le charme de Aşa repose dans la langueur de ce qu’elle avait pu avoir de charnel s’épure. Entre soul, folk et pop avec une force qui s’appuie sur ses racines africaines, nigérianes, yoruba plus précisément, la chanteuse et guitariste surfe, tout aussi, sur la soul, le reggae et le folk-jazz. Avec à la clé une chorégraphie impeccable et un band à la rigueur millimétrée. Au plan mélodique, Aşa offre une gamme pentatonique mineure à laquelle elle   ajoute une note altérée dans le feeling blues. Sa voix est virginale, berçant immédiatement l’assistance, ravie. Pas besoin d’échauffement ou de mise en bouche, non, le groupe sait exactement comment faire tourner la machine. Il y a à la fois du Tracy Chapman et du Sade Adu dans les arrangements, mais avec une note sui generis. Le saxo monte en force, les synthétiseurs aussi. Aşa se rapproche des années 80 et fait chavirer la foule de nostalgiques, dès le deuxième titre.

La scène prend même les allures de cabaret américain, avec écran géant. Les plus proches de la scène sont subjugués par l’élan quasi-intimiste du spectacle. Avec, en prime, un admirateur qui fait à la diva une demande en mariage. Le public, conquis, l’ovationne comme il se doit au bout de presque deux heures de show.

Pour la petite histoire, Aṣa, d’origine nigériane est une auteure-compositrice et interprète née à Paris au début des années 80. Après la capitale Française, sa famille retourne au Nigeria et s’installe à Lagos. Aṣa suit alors les cours de musique à l’école de musique ouverte par le saxophoniste britannique Peter King. En 2004, après avoir participé au projet «Assata», elle retourne en France pour donner des concerts qui l’annoncent comme la révélation de la musique world, après les époques de Sade Adu, Tracy Chapman… Une étoile était née !

Son premier album, auquel elle donne son nom, est enregistré et mixé par Christophe Dupouy, au studio parisien Le Chantier à Montreuil qui sort fin 2006. Aṣa y chante en anglais et en yoruba, accompagnée, entre autres, par le flûtiste de jazz Malik Mezzadri. Il fait un véritable carton au hit-parade. L’album reçoit le Prix Constantin en 2008 et se vend à plus de 300 000 exemplaires. Aujourd’hui avec plus de 4 albums, le succès ne semble pas s’arrêter pour la reine nigériane de la soul. Sa musique continue de la porter au firmament du showbiz mondial. Sans lui ôter son âme charitable. D’où ce concert du Palais des congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, une initiative du Fonds national de lutte contre le Sida (Fnls) pour éradiquer la prévalence de la transmission du Vih mère/enfant. A ce juste titre donc, ce concert était placé sous le parrainage de la Première dame, Dominique Ouattara, ambassadrice de bons offices de l’Onusida, sous la présidence et la présence de la ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida, Dr Raymonde Goudou-Coffie.
ADAM SHALOM

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