Assassinat du journaliste Jan Kuciak en Slovaquie: le gouvernement fragilisé

L’enquête policière se poursuit pour retrouver le ou les meurtriers de Jan Kuciak et de sa compagne. Plusieurs médias slovaques ont publié le dernier article, inachevé, de ce jeune journaliste sur les fraudes aux subventions européennes organisées par des membres de la mafia italienne et sur leurs liens avec des personnes proches du chef du gouvernement Robert Fico, fragilisé par ce drame.

Avec notre correspondant régionalAlexis Rosenzweig

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Marche en mémoire de Jan Kuciak à Bratislava le 28 février 2018.

Le ministre de la Culture a été le premier à annoncer sa démission, après la publication des travaux d’investigation qu’a menés Jan Kuciak avant d’être tué par balle avec sa fiancée.

La ministre de la Justice a quant à elle jugé « inacceptable » la présence dans le cabinet du Premier ministre de personnes qui pourraient avoir des liens avec des membres de clans mafieux italiens.

Les deux principaux membres de ce cabinet mis en cause dans l’article ont annoncé leur démission dans la foulée, pour ne pas nuire à l’image du chef du gouvernement.

Après avoir promis un million d’euros à toute personne qui pourrait faire avancer l’enquête, Robert Fico fait front contre une opposition qui réclame sa démission et contre une presse qui lui reproche son attitude hostile aux journalistes.

Une marche en hommage au couple assassiné est prévue vendredi à Bratislava et pourrait prendre des allures de manifestation contre le gouvernement.

L’allocution télévisée le week-end prochain du président de la République Andrej Kiska sera très attendue, dans un pays encore sous le choc de ce double homicide.

La collègue tchèque de Jan Kuciak qui travaillait également sur les réseaux de la mafia italienne – en particulier de la Ndrangheta – en Europe centrale a été placée sous protection policière.

Ces dix dernières années, deux autres journalistes d’investigation slovaques ont disparu sans la moindre trace.

Rfi.fr