Attaques en Iran: les assaillants étaient des Iraniens qui avaient rejoint EI

Jamais encore le groupe Etat islamique n’avait frappé l’Iran. Depuis hier c’est donc la stupéfaction. L’organisation jihadiste a revendiqué les deux attaques menées quasi-simultanément, contre le Parlement iranien à Téhéran et le mausolée de l’ayatollah Khomeini. Treize personnes ont été tuées et des dizaines blessées par les assaillants armés et munis d’explosifs. L’identité des assaillants, qui ont tous été abattus, se précise et le pouvoir s’insurge contre la réaction des Etats-Unis à ces attaques.

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Attaque au Parlement à Téhéran, les forces de sécurité prennent position.

Selon un haut responsable iranien les six assaillants sont des Iraniens qui avaient rejoint le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak. Les cinq hommes ont séjournée à Raqqa et Mossoul aux côtés des forces de l’organisation Etat islamique.

Le secrétaire-adjoint du Conseil national suprême de sécurité n’a pas précisé l’identité de ces personnes, mais il a confirmé qu’ils avaient rejoint Daech et étaient donc venus en Iran pour commettre ces deux attentats, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Ces derniers étaient originaires de « certaines » régions de l’Iran, selon le secrétaire-adjoint du Conseil national suprême de sécurité. Une allusion aux régions où il y a des minorités sunnites, notamment au Khousistan où il y a une minorité arabe, mais également aussi au Sistan-et-Balouchistan et aussi au Kurdistan iranien où vivent des minorités sunnites.

Plusieurs suspects, dont une femme, ont été arrêtés.

Cette attaque de mercredi est la première revendiquée par le groupe jihadiste sur le territoire iranien. L’EI qui avait menacé ces derniers mois de frapper l’Iran, pays chiite à 90% et qui apporte un fort concours militaire contre l’EI en Syrie et en Irak.ailleurs. Le secrétaire-adjoint du Conseil national suprême de sécurité a assuré qu’après ces attentats le pays sera encore plus déterminé à lutter contre les groupes terroristes, notamment le groupe EI et al-Qaïda.

La position américaine qualifiée de «répugnante»

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a qualifié de « répugnante » la position de la Maison blanche qui dans un communiqué a dit que l’Iran était victime de ceux qu’ils avaient aidé – donc les groupes terroristes – en accusant Téhéran directement d’avoir soutenu le groupe Etat islamique.

Javad Zarif visait aussi les nouvelles sanctions votées par le Sénat américain contre l’Iran. « Le communiqué de la Maison Blanche et les sanctions du Sénat sont répugnants alors que les Iraniens font face à la terreur soutenue par les clients des Américains», écrit M. Zarif sur son compte Twitter. Le Sénat américain a voté mercredi à 92 voix contre 7 une loi qui impose de nouvelles sanctions à l’Iran, notamment pour « soutien à des actes de terrorisme international ». Un vote doit toutefois se tenir ultérieurement pour confirmer ces nouvelles sanctions.

Le peuple iranien rejette de telles déclarations d’amitié de la part des Etats-Unis, a ironisé le ministre des Affaires étrangères. L’Iran et les Etats-Unis n’ont pas de relations diplomatiques depuis 37 ans et la position de Washington va encore aggraver les relations entre les deux pays.

Rfi.fr