Attentat de Londres: les autorités demandent à WhatsApp de collaborer

Cinq jours après l’attentat devant le Parlement de Londres, qui a fait 4 morts et plusieurs dizaines de blessés, l’enquête se poursuit. La ministre britannique de l’Intérieur a appelé les services de messagerie sécurisée comme WhatsApp à collaborer avec les autorités pour ne pas fournir de « cachette aux terroristes ». Elle regrette que les applications de messagerie cryptée échappent aux autorités comme cela a été le cas avec Khalid Masood, l’assaillant tué mercredi, que la police considère à ce stade de l’enquête comme « un agresseur solitaire ».

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L’auteur de l’attentat de Londres aurait utilisé WhatsApp juste avant l’attaque.

La ministre britannique de l’Intérieur Amber Rudd a confirmé que l’assaillant Khalid Masood, un Britannique de 52 ans converti à l’islam, avait utilisé le service de messagerie sécurisée WhatsApp, propriété de Facebook, juste avant l’attaque. Elle a jugé « totalement inacceptable », dimanche sur la BBC, le fait que des communications entre suspects d’actes de terrorisme puissent échapper aux services de renseignement parce qu’elles sont encryptées.

En effet, les messageries cryptées sont compliquées à déchiffrer, car la confidentialité est justement ce qui fait leur succès. L’application WhatsApp est ainsi chiffrée de bout en bout. Autrement dit, la personne qui reçoit un message est la seule à pouvoir le lire. En s’inscrivant sur WhatsApp, l’utilisateur reçoit une clé de chiffrement et lorsqu’une conversation débute, le compte de l’envoyeur demande la clé du compte du receveur. Des clés temporaires viennent en plus se mélanger aux clés de ces comptes, ce qui crée un chiffrement périssable. Le cryptage change à chaque nouveau message et même WhatsApp n’y a pas accès. Les autorités ont beaucoup de mal à pénétrer ces contenus.

WhatsApp, mais aussi l’application Telegram, mettent en difficulté les services de renseignements de tous les pays. Telegram utilise des serveurs dans plusieurs juridictions, rendant son déchiffrage très compliqué. C’est notamment cette application avait été utilisée par exemple pour préparer et diffuser l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray en France, en juillet dernier, au cours duquel un prêtre, le père Hamel, avait été assassiné dans son église.

Rfi.fr