Attentat de Manchester: quelles complicités ?

A Manchester, un peu plus de 48 heures après l’attentat qui a coûté la vie à 22 personnes à la fin d’un concert, l’enquête semble progresser. Plusieurs arrestations ont eu lieu, ainsi que des perquisitions. Le kamikaze est un jeune Britannique d’origine libyenne, et c’est son entourage qui est actuellement passé au crible par les enquêteurs.

Avec notre envoyée spéciale à Manchester, Anastasia Becchio

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Des policiers armés patrouillent près de la cathédrale Saint-Paul de Londres, le 24 mai 2017.

Une enquête est en cours dans l’entourage du kamikaze de Manchester, car les services britanniques sont persuadés que Salman Abedi n’a pas pu agir seul. Sa bombe était trop perfectionnée pour qu’il ait pu la fabriquer sans aide et sans réseau.

Ils s’intéressent donc à son entourage, notamment le plus proche. Ainsi son frère et son père ont été interpellés à Tripoli en Libye. Le frère Hachem Abedi, qui a revendiqué son appartenance au groupe Etat islamique, était au courant d’un projet d’attentat, selon les services de sécurité libyens. Il était même présent au Royaume-Uni quelques jours avant.

Pendant ce temps, à Manchester, la police multiplie aussi les arrestations. Aux premières heures de la journée, elle a encore perquisitionnée un appartement dans le sud de la ville. Jusqu’ici, sept personnes ont été interpellées, dont une dans le centre de l’Angleterre.

Une femme, arrêtée hier mercredi 24 mai à Manchester, a été remise en liberté. Aucune charge n’a été retenue contre elle.

Fuites et campagne

Mais si l’enquête se poursuit, les autorités britanniques regrettent que certaines informations aient fuité dans les médias. A commencer par les medias américains qui ont été les premiers à donner des détails sur l’identité et la biographie de l’auteur de l’attentat sur la foi de renseignements diffusés par les services américains, ce qui a provoqué la colère des Britanniques, soucieux de maitriser le flux d’informations pour protéger l’enquête.

Et la ministre de l’Intérieur, Amber Rudd, a eu beau évoquer la question avec ses homologues américains, les révélations continuent.

Le New York Times a publié une série de photos de fragments du sac à dos bleu du kamikaze et de détonateur. Cela ne risque pas d’améliorer le climat entre Londres et Washington, d’autant que les autorités britanniques pourraient rapidement être pointées du doigt. On sait notamment que le kamikaze était connu des services de renseignements britanniques. Nul doute que cet élément sera utilisé dans la campagne électorale qui reprend aujourd’hui.

Rfi.fr