Attentat de Stockholm: l’homme arrêté soupçonné de liens avec la filière ouzbèke

A Stockholm, après l’attentat de vendredi au camion-bélier, qui a causé la mort de quatre personnes, les enquêteurs suédois ont interpellé un Ouzbek de 39 ans. D’autres attentats ont été commis récemment par des Ouzbeks, comme celui de Saint-Pétersbourg, quatre jours plus tôt.

Avec notre correspondant à Tbilissi,  Régis Genté

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Enlèvement du camion-belier qui a foncé sur la foule sur plusieurs centaines de mètres à Drottninggatan,
la rue piétonne la plus fréquentée de la capitale suédoise.

Le principal suspect de l’attentat de Stockholm serait Rahmat Akilov, un Ouzbek de 39 ans originaire de Samarkande. Il aurait été demandeur d’asile en Suède, mais se serait vu refuser le statut de réfugié. Il serait connu des services de renseignement suédois après avoir trempé dans une affaire de blanchiment d’argent destiné à financer le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

Depuis l’arrivée du groupe jihadiste, de plus en plus d’Ouzbeks combattent aux côtés des jihadistes ou appellent leurs compatriotes à rejoindre leur guerre sainte. La nature dictatoriale du pouvoir en Ouzbékistan explique pour une part pourquoi le pays a tant généré de jihadistes ces dernières années. La dureté du régime ouzbek a directement influencé la création du Mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO), dès le début des années 1990.

Ce mouvement va s’illustrer tant aux côtés des Talibans de l’Afghanistan voisin qu’au cœur de l’Asie centrale où il va tenter de renverser le président ouzbek Islam Karimov, décédé en septembre dernier.

En 2015, en perte de vitesse, le MIO a finalement fait allégeance à Daech. Des centaines d’Ouzbeks combattent aujourd’hui dans les rangs de l’organisation Etat islamique en Syrie et en Irak. Car l’Ouzbékistan, ex-République soviétique, laïc et à majorité musulmane, peuplé d’une trentaine de millions de personnes, est aussi pleinement inséré dans le monde globalisé.

Le sort des Ouzbeks en migration, en Russie notamment où ils sont sans doute plus de 2 millions, génère souvent de la frustration, le sentiment de l’injustice, des situations économiques et sociales des plus difficiles.

Rfi.fr