Attentat au Royaume-Uni: la police privilégie la piste du «terrorisme islamiste»

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Des fleurs en hommage aux quatre personnes tuées dans l’attentat à la voiture folle, mercredi 22 mars, sur
le pont de Westminster à Londres.
 

Par la voix de Mark Rowley, le chef de l’unité anti-terroriste, Scotland Yard a précisé que l’enquête avançait à grand pas et parlé de « terrorisme islamiste » ajoutant que l’assaillant avait été inspiré par le terrorisme international. Il a laissé entendre que ses services connaissaient son identité mais n’a pas voulu la divulguer, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Les enquêteurs se concentrent sur la motivation, la préparation de l’attaque et de possibles complices. Les médias citent ce jeudi matin une descente de police à une adresse à Birmingham, la seconde ville britannique, d’où proviendrait la voiture grise louée par le tueur. Mais la police n’a pas pour l’instant confirmé cette information. Elle a également procédé à plusieurs arrestations, toujours selon les médias.

Scotland Yard se dit consciente d’un risque de représailles contre la communauté musulmane britannique et Mark Rowley a mercredi soir insisté sur le fait que la police protégeait « toutes les communautés du Royaume-Uni ».

Renforcement de la sécurité à Londres ?

Londres avait été épargnée ces dernières années par les attentats de grande ampleur. Scotland Yard avait malgré tout annoncé début mars que les services de sécurité britanniques avaient déjoué 13 tentatives d’attentats depuis juin 2013.

Cette dernière attaque est la plus meurtrière sur le sol britannique depuis les attentats-suicide en 2005 dans les transports de la capitale. Néanmoins les autorités et les habitants de Londres redoutaient un nouvel attentat et en août 2014, le niveau d’alerte terroriste au Royaume-Uni était passé d’« important » à « grave », le quatrième de cinq échelons. Ce niveau ne sera pas relevé, en revanche les patrouilles armées et les policiers en civil seront déployés en plus grand nombre dans les rues de la capitale.

Les députés veulent rester « accessibles »

Malgré la résilience, le choc est profond : montrant en Une pratiquement la même photo de l’assaillant et du policier qu’il a poignardé dans la cour du Parlement, la presse évoque une « attaque contre la démocratie » et s’interroge sur le fait que l’agent tué ne portait pas d’arme.

L’attentat risque donc de relancer le débat sur l’équipement des « bobbies », ainsi que sur les mesures de sécurité aux abords du Parlement. Pourtant la perspective de transformer Westminster en forteresse ne passe pas et plusieurs députés ont déjà fait savoir que, en tant qu’élus, ils devaient rester accessibles. C’est un sentiment que Theresa May a renforcé mercredi soir en condamnant une attaque « écœurante et perverse ». Pour la Première ministre pas question de se laisser intimider, la vie va reprendre son cours et le Parlement doit se réunir à nouveau ce jeudi.

« Ces rues de Westminster qui abritent le plus ancien Parlement au monde sont habitées par un esprit de liberté qui raisonne dans les coins les plus reculés de la planète. Et les valeurs que véhicule notre Parlement – comme la démocratie, la liberté, les droits de l’Homme, l’Etat de droit, forcent le respect des peuples partout dans le monde, a déclaré Theresa May… C’est la raison pour laquelle il est une cible pour ceux qui rejettent ces valeurs… Mais permettez-moi d’être très claire aujourd’hui : toute tentative de mettre en échec ces valeurs par la violence et la terreur est vouée à l’échec ».

Le Parlement reprend ses travaux ce jeudi matin.


Policiers en faction mercredi soir 22 mars sur le pont de Westminster après l’attaque qui a coûté la vie à
quatre personnes et en a blessé uen quarantaine d’autres dont 3 lycéens français en visite dans la capitale britannique.
Rfi.fr