Attentats en Catalogne: les quatre suspects inculpés d’assassinats terroristes

En fin d’après-midi, les quatre hommes ont été inculpés d’assassinats terroristes. La cellule jihadiste tenue pour responsable des sanglants attentats de Catalogne revendiqués par le groupe Etat islamique préparait bien une attaque de plus grande envergure, a confirmé un suspect devant le juge d’instruction, déclarations qu’il avait déjà faites en garde à vue. Il a également indiqué que l’imam de Ripoll était le cerveau des attaques. Deux suspects sont écroués, un troisième reste en garde à vue, et le quatrième est remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Avec notre correspondant à Madrid,  François Musseau

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La Garde civile espagnole escorte l’un des quatre auteurs présumés des attentats, le 21 août 2017.

Les quatre suspects encore vivants de la cellule jihadiste ont tous été présentés mardi matin devant l’Audience nationale, une juridiction spécialisée dans les affaires sensibles à Madrid.

L’un d’entre eux, Mohamed Houli Chemlal, a déclaré aux policiers que la cellule préparait un attentat plus important que les deux attaques de Barcelone et de Cambrils. Il s’agissait, a-t-il dit, de charger trois fourgonnettes de matériel explosif, notamment une centaine de bouteilles chargées de butane, et de les conduire dans des endroits de maximale affluence à Barcelone et à Cambrils.

Houli Chemial sait de quoi il parle puisqu’il a été blessé à la suite de la destruction de la fabrique d’explosifs dans la localité d’Alcanar, et c’est à l’hôpital qui avait été interpellé par les policiers catalans. 

Il avait été blessé dans l’explosion d’une maison à Alcanar, au sud de Barcelone, où la cellule aurait préparé les attaques et il est à ce titre un suspect-clef pour les enquêteurs : il est le seul en vie dont on sait avec certitude qu’il avait séjourné à cet endroit et qui puisse raconter ce que les suspects y faisaient.

Sous les décombres, les policiers avaient découvert 120 bonbonnes de gaz et des traces de substances habituellement utilisées pour fabriquer du TATP, un explosif prisé par l’EI. Selon la police, la perte de ce laboratoire de fortune a pu pousser les suspects à recourir à des moyens plus rudimentaires.

Jeudi, Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans, a pris le volant d’une camionnette pour faucher la foule sur les Ramblas, y faisant 13 morts, et a ensuite assassiné un automobiliste pour lui voler sa voiture. Il a été tué hier par la police catalane, à 50 km de Barcelone.

Quelques heures après le massacre de las Ramblas, d’autres membres présumés de la cellule jihadiste – Moussa Oukabir, Mohamed Hichamy, son frère Omar Hichamy, Saïd Aallaa et Houssaine Abouyaaqoub – avaient à leur tour foncé dans la foule sur le bord de mer à Cambrils, blessant plusieurs personnes avant d’entrer en collision avec une patrouille de police, puis d’être tués par la police.

Après la mort de deux autres, dont l’imam marocain Abdelbaki Es Satty, dans l’explosion de la maison à Alcanar, il ne reste que quatre membres de la cellule vivants.

Deux d’entre eux, dont Mohamed Houli Chemlal, ont confirmé ce mardi que l’imam était le cerveau des attentats. Finalement, ceux-ci avaient décidé ensuite de poursuivre en partie le plan initial en commettant deux  attentats sur les Ramblas de barcelone et dans la station balnéaire de Cambrils.

L’imam Abdelbaki Es Satty a, quant à lui, séjourné en Belgique entre janvier et mars 2016.

Ramifications internationales

La police continue pour sa part à enquêter sur les possibles ramifications internationales de la cellule, notamment sur les déplacements de plusieurs de ses membres à l’étranger.

Au moins un des suspects, dont le nom n’a pas été révélé, s’est rendu à Zurich en décembre dernier, selon la police fédérale suisse qui a retrouvé trace de son passage dans un hôtel de la ville.

Enfin, l’Audi A3 utilisée à Cambrils a été flashée près de Paris par un radar le 12 août avec quatre personnes à son bord, selon le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb, qui doit par ailleurs recevoir mercredi à Paris son homologue espagnol Juan Ignacio Zoido.

Rfi.fr