Autriche: très faible mobilisation contre une coalition d’extrême droite

En Autriche, plusieurs associations avaient appelé les Viennois à se rassembler mercredi 18 octobre pour dire non à la probable coalition entre les conservateurs et l’extrême droite, respectivement arrivés premiers et troisièmes lors des élections législatives anticipées qui de dimanche dernier. Mais seule une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel.

Avec notre correspondante à Vienne, Isaure Hiace

media
Le FPÖ de Heinz-Christian Strache (gauche) est le plus probable de coalition des conservateurs de Sebastian Kurz (à droite).

Les organisateurs espéraient plusieurs centaines de personnes, mais seulement quelques dizaines ont fait le déplacement.

Une déception pour Robin, un jeune manifestant, mais qu’il explique aisément. « Sortir et faire ce genre de choses ne fait pas partie de la culture des Autrichiens. Nous sommes un pays conservateur alors je ne suis pas étonné que les gens ne viennent pas manifester car c’est leur opinion qui l’a emporté », justifie-t-il.

Certains manifestants regrettent surtout que l’extrême droite soit normalisée en Autriche. Pour Melana, étudiante en droit, cela est lié à l’histoire du pays. « Après la Seconde Guerre mondiale, on ne s’est pas posé la question de ce qui s’était passé en Autriche, cela n’était même pas enseigné à l’école. C’est la raison pour laquelle il y aura toujours ces partis de droite au sein de coalitions », analyse-t-elle. 

Alors une question se pose : à quoi sert cette manifestation ? Réponse de l’un des organisateurs, Almin Gruber. « Bien sûr, on ne pourra pas changer la position des conservateurs et de l’extrême droite, mais on veut envoyer un signal au président Van der Bellen, qu’il prenne position car pour le moment il n’a rien fait », explique-t-il.

Les manifestants espèrent être plus nombreux la prochaine fois, lorsque la coalition sera officiellement connue. Même s’ils avouent qu’il sera difficile de rassembler autant qu’en 2000, lorsque l’extrême droite était entrée au gouvernement. 250 000 Autrichiens avaient alors défilé pour montrer leur désaccord.

Rfi.fr