Aux Etats-Unis, la réforme fiscale de Donald Trump menace les plus pauvres

« Le rêve américain est en train de se transformer rapidement en illusion américaine. » Voilà le constat alarmant que dresse Philip Alston, rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté, sur les Etats-Unis de Donald Trump. Le diplomate australien s’inquiète en particulier de la grande réforme fiscale promise par le président américain, actuellement en discussion au Congrès, et qui risque de frapper directement les couches les plus précaires de la population américaine.

Avec notre correspondant à San FranciscoEric de Salve

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La pauvreté augmente aux Etats-Unis.Plus de 40 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté outre-Atlantique.

La première économie mondiale est en passe de devenir « le champion du monde des inégalités », explique le rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté. En cause selon Philip Alston, la politique de Donald Trump et notamment sa grande réforme fiscale.

Ces baisses d’impôts spectaculaires « représenteraient l’augmentation la plus forte des inégalités que l’on puisse imaginer » car pour la financer, l’administration Trump sacrifie, selon le diplomate, de nombreux programmes sociaux. Un « virage dramatique de la politique américaine sur l’extrême pauvreté », dit-il qui « fait exploser » les derniers filets de sécurités sociaux.

Après deux semaines d’enquête, notamment en Californie, Philip Alston explique avoir rencontré des Américains qui ont perdu toutes leurs dents faute d’assurance santé, note que les Etats-Unis affichent le taux de mortalité infantile le plus élevé du monde développé et évoque la forte hausse du taux de mortalité dû aux stupéfiants.

Rapport remis en juin

Selon les chiffres des autorités américaines, plus de 40 millions de personnes vivent en effet sous le seuil de pauvreté soit 12,7% de la population. Une pauvreté qui touche d’abord les minorités : 22% des Noirs, 18% des hispaniques et 9% des Blancs. Mais les « coupes du système social touchent tout le monde », selon Philip Alston. Son rapport définitif sera remis au Conseil des droits de l’homme de l’ONU en juin 2018.

Rfi.fr