Belgique: procès pour traite d’êtres humains de huit princesses émiriennes

Devant le tribunal correctionnel de Bruxelles se tient depuis jeudi 11 mai le procès par contumace de la veuve et des filles de l’émir d’Abou Dhabi, président des Emirats arabes unis, un des hommes les plus fortunés de la planète. Elles sont accusées d’avoir littéralement traité comme des esclaves les domestiques qu’elles avaient amenées en Belgique dans leurs bagages. Après des années de contre-procédures dilatoires, leur procès vient enfin de s’ouvrir en leur absence pour traite d’êtres humains, séquestration, traitements inhumains et dégradants.

Avec notre bureau à Bruxelles,

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L’hôtel Conrad (en 2010) à Bruxelles où les princesses émiriennes avaient loué 53 chambres.

En juin 2008, Amina, une Marocaine de trente ans, dépose son témoignage auprès des policiers bruxellois, au début incrédules. Elle vient de s’échapper d’un des plus luxueux hôtels de la ville. Elle décrit par le menu ce qu’il faut bien qualifier d’esclavage moderne. Des journées de 24 heures et des semaines de sept jours avec pour toute nourriture les restes de ses maîtresses, l’interdiction de s’asseoir ailleurs que par terre, des privations de toutes sortes et la confiscation de son passeport.

Descendus sur les lieux, les policiers ne peuvent que vérifier ses dires. Avec une vingtaine d’autres domestiques, elle vient de passer huit mois au service de Sheikha Hamda al-Nahyan, la veuve de l’émir d’Abou Dhabi et de ses sept filles.

Corvéables à merci et à toute heure du jour et de la nuit, les domestiques recevaient un salaire de maximum 500 euros par mois, à peine de quoi passer plus d’une nuit dans une chambre de cet hôtel. Et pour être tranquilles, les princesses émiriennes avaient loué un étage entier, soit 53 chambres.

Rfi.fr