Bénin : Boni Yayi réclame sa pension d’ancien chef d’Etat et ses arriérés salariaux

Dans une correspondance adressée aussi bien à son successeur, Patrice Talon, qu’au président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, l’ancien président Boni Yayi demande à rentrer dans ses droits d’ancien chef d’Etat. Une requête qui devrait enclencher la procédure pour mettre fin au vide juridique qui a toujours caractérisé le sujet.

L'ex-Président Boni Yayi et l'actuelle Président du Bénin, Patrice Talon

La requête de Boni Yayi est sans ambages. Il réclame sa pension de retraite présidentielle et tous les autres avantages y afférents. C’est à ce titre qu’il a adressé des correspondances aux deux institutions habilitées à trouver une solution, à savoir le parlement et l’exécutif, à travers leur premier responsable. Selon nos sources, il y a toujours un vide juridique, au sujet du traitement des chefs d’État béninois, qu’ils soient ancien ou en exercice. Du coup, depuis le renouveau démocratique, selon les mêmes sources, les anciens chefs d’Etat ont été diversement traités, en l’absence de toute disposition légale actualisée. Mathieu Kérékou aurait été traité en fonction de son grade de général, tandis que Nicephore Soglo aurait lui-même  pris un décret en son temps pour fixer sa pension. Décret qu’il a fini par abandonner après son élection à la mairie de Cotonou. On ignore aujourd’hui sous quel statut émarge l’ancien président-maire de Cotonou. L’on se rappelle aussi le cas Boni Yayi, qui, après avoir buté contre ce vide juridique, s’est abstenu de prendre son salaire de président de la République jusqu’à son départ, à en croire une information révélée en 2011 par l’actuelle ministre de la fonction publique, Adidjatou Mathys, alors ministre des finances de Boni Yayi. D’ailleurs, l’actuel chef de l’Etat s’est aussi prononcé sur le sujet au détour de son émission télévisée à l’occasion du 1er août dernier. Patrice Talon se déclarait « impatient » de prendre son salaire. Mais lui aussi serait toujours en butte contre cette absence de législation, qui finalement pénalise tout le monde.

Cette démarche de Boni Yayi, qui semble vouloir mettre fin à  sa générosité envers la République, a le mérite de soulever cette question, dans la perspective d’un règlement définitif. Nos sources indiquent que les deux institutions (exécutif et parlement), seules habilitées à initier des lois, sont déjà à pied d’œuvre, pour vider une bonne fois, la question. En attendant, la dotation en carburant des six mois de rappel aurait été versée à Boni Yayi.

Bruno O. OTEGBEYE