Biens mal acquis: place aux témoins au procès de Teodorin Obiang

L’audience reprend ce lundi après-midi 26 juin dans le procès de Teodorin Obiang poursuivi pour détournement de fonds publics dans le dossier dit des «biens mal acquis». Place aujourd’hui aux témoins. La partie civile en a cité six et la défense un seul. C’est une manche importante qui se jouer au Palais de justice de Paris.

Teodorin Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale et fils du président Obiang à la cathédrale de Malabo, le 25 juin 2013.

Parmi les témoins cités par la partie civile figure l’un des chefs de file de l’opposition, mais les noms de ces témoins sont restés secrets. Dans ce procès, on craint les pressions. Avec ces témoignages, la partie civile entend bien révéler la part d’ombre du régime Obiang Nguema : la dictature, la répression, parfois même la torture.

Salomon Abeso représente l’un des partis d’opposition, le CIGE, les Candidats indépendants de la Guinée équatoriale. A ses yeux, c’est une manche importante qui se joue cet après-midi au Palais de justice.

Le régime Obiang a installé un système de corruption en Guinée équatoriale depuis 38 ans. C’est le fils, le père et la mère.

La défense de son côté n’a qu’un témoin, le mercenaire Simon Mann. Un ancien officier de l’armée britannique au passé sulfureux. A l’origine d’un coup d’Etat raté en Guinée équatoriale, il a passé deux ans dans la sinistre prison de Black Beach à Malabo. Depuis, ce soldat perdu s’exprime avec franchise, assure Emmanuel Marsigny, l’avocat de Teodorin Obiang.

« Simon Mann, comme tout le sait, avait été embauché par certaines personnes au cours des années 2003 et 2004, pour ni plus ni moins tuer l’actuel président de la République dans le cadre d’un coup d’Etat. Il a été arrêté avec ses comparses. Les commanditaires ont été parfaitement identifiés. Il viendra expliquer un certain nombre de choses, car cette affaire, en fait, n’est peut-être pas l’affaire que l’on croit », affirme l’avocat.

Ce lundi après-midi, au Palais de justice de Paris , l’audience du procès des « biens mal acquis » aura donc la saveur d’un règlement de compte équato-guinéen.

Rfi.fr