Bilan du premier débat de la primaire de gauche : « C’est bon pour Macron »

Premier débat un peu morne où ne flottait pas un parfum de victoire. Et si les candidats eux-mêmes n’y croient pas, comment les Français peuvent l’imaginer ?

Il était le grand absent, celui qui n’a pas voulu être dans l’aventure de la primaire. Et pourtant, Emmanuel Macron a bien été le vrai gagnant de ce débat. Un débat qui est souvent resté celui interno-interne d’un parti politique, une confrontation trop technique, portée sur le passé plus que sur l’avenir. Comme si le piège de cette primaire s’était refermé sur les candidats. Elle n’est pas celle de toute la gauche, elle ne pourra pas inverser la division et cette impuissance pesait sur le débat. Et d’ailleurs, les sept candidats ont dû dire aux Français qui les regardaient s’ils accepteraient de se retirer au profit d’Emmanuel Macron ou de Jean-Luc Mélenchon dont l’ombre planait aussi sur leurs têtes. Cette question les a énervés.

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« La présidentielle ce n’est pas un concours hippique, ce n’est pas une course de chevaux », a balayé Manuel Valls.
« Ca n’existera pas », refuse de répondre Montebourg.

C’est pourtant la question qui sera sans cesse posée au vainqueur de la primaire socialiste.

Valls et Hamon en discussion pendant la pub

Valls, Montebourg, Hamon, Peillon ont tellement eu l’habitude de s’écharper sur la politique menée par François Hollande qu’ils n’arrivent pas à passer à autre chose, à se projeter dans l’avenir, à dessiner un chemin pour la suite. Et comme le président a renoncé à se représenter, les candidats sont coincés. Le débat sur son bilan devient forcément en demi-teinte, pas toujours politique.

Manuel Valls est le seul à le défendre. Et comme en plus, lors de ce premier débat, les candidats n’ont pas voulu s’affronter, ils n’ont pas toujours eu l’air sincère. Aucun clash pendant deux heures et demi. Bennahmias, Rugy, Hamon, Montebourg, Peillon, Pinel, et Valls sont gentils les uns avec les autres. Ils s’appellent « Benoît », « Manuel », « Arnaud ». Illustration de cette bonne ambiance affichée et voulue : dès qu’il y a la coupure de publicité, Manuel Valls et Benoît Hamon se précipitent l’un vers l’autre pour se parler.

Si eux-mêmes n’y croient pas…

Si le vainqueur n’était pas sur le plateau, c’est aussi parce que ce n’était pas un débat pour choisir le prochain président de la république. Pas un débat où flottait l’air de la victoire. A aucun moment. Les prétendants n’ont même pas fait semblant d’y croire. Quand Elisabeth Martichoux interroge « vous Président Jean-Luc Bennahmias ? », il répond : « J’y pense tous les jours », en se marrant.

« Le futur prochain Président de la République, et il est peut-être l’un d’entre nous », avance Arnaud Montebourg.

Si eux-mêmes n’y croient pas, comment les Français peuvent l’imaginer ?

Ce qui frappait aussi en les écoutant pendant toute cette longue soirée, c’est qu’ils n’avaient que peu d’idées nouvelles à proposer aux électeurs, à la notable exception du revenu universel porté par Benoit Hamon et disqualifié par quasi tous les autres. Le pouvoir les a épuisés, divisés, abîmés. Cela se sentait. Cela se voyait. Bilan du débat par un haut responsable de l’Etat : »C’est bon pour Macron ».CQFD.

Cécile Amar
Cécile Amar