Birmanie: ces bouddhistes dans le déni de la souffrance des Rohingyas

La situation reste critique à la frontière entre le Bangladesh et la Birmanie. Quelque 400 000 Rohingyas musulmans ont fui l’Etat de l’Arakan, dans l’ouest birman, où l’armée mène officiellement des « opérations de sécurité ». La répression contre la minorité rohingya a entraîné de vives condamnations sur la scène internationale. La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est la cible de nombreuses critiques, mal comprises par de nombreux Birmans bouddhistes. Illustration.

Avec notre correspondant à Rangoun,  Rémi Fabre

media
Des réfugiés rohingyas les mains en l’air pour demander l’aide distribuée par des organisations locales
dans un camp à Cox’s Bazar, au Bangladesh, le 14 septembre 2017.

Nombre de bouddhistes birmans n’acceptent pas que l’image de leur pays soit écornée sur la scène internationale. RFI a notamment rencontré deux trentenaires très remontés contre la manière dont leur pays est montré du doigt pour ce qu’il se passe dans l’Etat d’Arakan.

Ils remettent tout en cause, à commencer par le nombre de réfugiés comptés par les Nations unies au Bangladesh, plus 400 000. Leurs calculs sont exagérés par rapport à la réalité, estiment-ils, et ce chiffre est à leurs yeux donné par les Rohingyas.

Il n’y en aurait que pour les réfugiés 

Nos interlocuteurs mettent également en doute les violences de l’armée birmane, dénoncées par les réfugiés rohingyas. Peu importe la question, ils répondent toujours la même chose : on les a tués, on les a violés… Une seule réponse, quelle que soit la question.

Pour eux, les reportages de la presse internationale sont tous orientés. Les journalistes s’intéresseraient uniquement aux réfugiés rohingyas, mais pas au groupe terroriste qui aurait lancé des attaques contre des postes de police birmans fin août (lire ici et  sur RFI).

Une machination à l’échelle mondiale

« Lorsqu’un reporter de CNN a interviewé une femme qui se disait rohingya, elle s’est mise à pleurer avec son bébé. Mais c’est elle qui a fait pleurer le bébé ! », croit savoir l’un de nos interlocuteurs, avant de montrer la photo d’une femme, apparemment une Rohingya, en train de pincer l’enfant qu’elle tient dans les bras.

Conclusion des deux hommes : dans cette crise avec les Rohingyas, les bouddhistes sont victimes d’une machination à l’échelle mondiale. Ils donnent rarement la preuve de ce qu’ils avancent, et mettent en avant des cas isolés pour nier les faits rapportés par les organisations humanitaires, les Nations unies et la presse.

Rfi.fr