Les Birmans de retour aux urnes pour des législatives partielles

Journée test pour Aung San Suu Kyi : des élections législatives partielles se déroulent ce samedi 1er avril en Birmanie dans 19 circonscriptions. Il s’agit de pourvoir les sièges laissés vacants par les députés entrés au gouvernement, mais aussi quelques sièges non pourvus en 2015 en raison de l’instabilité politique de certaines circonscriptions. C’est le premier retour aux urnes des Birmans depuis l’écrasante victoire de la Ligue nationale pour la démocratie aux législatives de 2015. Mais un an pile après son entrée en fonction (avril 2016) le premier gouvernement civil élu depuis 1962 fait face à une impatience et à un mécontentement grandissants.

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Aung San Suu Kyi au Parlement à Naypidaw le 2 mai 2012. 

La Dame de Rangoon est-elle toujours une icône de la démocratie ? Les deux millions d’électeurs appelés aux urnes ce samedi le diront. Une chose est sûre : le gouvernement peine à satisfaire les attentes de la population.

Sur le plan économique, les réformes tardent à venir, et la croissance a connu un léger ralentissement l’an dernier. Dans un pays majoritairement rural, les paysans, partisans quasi-inconditionnels d’Aung San Suu Kyi, attendent toujours la restitution des terres confisquées par la junte militaire, restitution promise par la LND.

Des militants politiques dénoncent la survivance d’une loi répressive contre la liberté d’expression et la multiplication des procès. Enfin, et surtout, le processus de paix avec les minorités ethniques est bloqué et les conflits armés se sont intensifiés.

La LND a toutefois des résultats à faire valoir, sa popularité reste grande. Et elle défend son bilan en arguant qu’on ne peut pas transformer en un an un pays soumis à la dictature militaire pendant un demi-siècle.

D’autant que l’armée conserve plusieurs ministères-clés, 25 % des sièges du Parlement et de fait un droit de veto sur les réformes constitutionnelles.

Les militaires sont accusés de graves violations des droits de l’homme envers la communauté rohingya, au point que l’ONU a souhaité envoyer une mission d’enquête indépendante sur place. Proposition rejetée jeudi dernier par Aung San Suu Kyi.

Rfi.fr