Bouclier anti-missile: le torchon brûle entre la Corée du Sud

Le secrétaire d’Etat américain est en tournée en Asie. Après Tokyo et Séoul, Rex Tillerson arrivera samedi 18 mars 2017 à Pékin. Une étape cruciale. Depuis le déploiement du bouclier anti-missile américain THAAD sur un ex-terrain de golf de l’entreprise sud-coréenne Lotte, rien ne va plus entre Pékin, Séoul et Washington. Et l’entreprise Lotte se retrouve dans le collimateur des internautes chinois. 

De notre correspondante à Pékin,

media
Les policiers et soldats sud-coréens sur le qui-vive devant la propriété de Lotte au moment pour celle-ci de recevoir
le THAAD. Seongju, le 1er mars 2017.
 

L’agence de presse Chine nouvelle l’avait prédit début mars : pour le géant de la distribution Lotte, le déploiement sur la péninsule de Corée du Terminal High Altitude Area Defense (THAAD), un système de missiles antibalistiques américain, pourrait « virer au cauchemar ».

Depuis l’arrivée du bouclier anti-missile, la propagande anti-coréenne a fait son effet. Pékin n’a même pas besoin d’appeler officiellement à un boycott. Les consommateurs ont pris les choses en main : sur les réseaux sociaux, des vidéos fusent. L’une d’entre elles a été regardée par plus d’un million d’internautes.

Même les enfants chinois doivent se mettre au boycott

Les images de cette vidéo montrent une femme habillée en noir. Elle entre dans un supermarché Lotte et s’attaque aux rayons. Elle colle un chewing-gum sur une bouteille d’eau et mange des biscuits sans passer par la caisse.

Dans une autre vidéo, deux hommes s’acharnent marteau en main sur une machine à laver. Même une école pékinoise a rejoint cette campagne anti-coréenne ! Le poing levé, des élèves jurent qu’ils ne mangeront plus les collations vendues par Lotte.

Lotte compte 26 000 employés en République populaire de Chine. L’entreprise a donc tout à craindre d’un tel boycott. Ses 22 filiales en Chine lui rapportent chaque année 2 milliards d’euros. Mais il y a aussi la vente en ligne, en pleine chute.

Et puis, en Corée même, les magasins hors taxes se vident. Ces boutiques qui font plus de deux tiers de leur chiffre d’affaires avec les touristes chinois. Il faut rappeler qu’un touriste sur deux en Corée du Sud est chinois.

Les séries télévisées sud-coréennes n’ont plus la cote

Si 3 300 Chinois refusent de descendre de leur bateau de croisière sur l’île de Jeju, comme c’est arrivé lle weekend dernier, cela fait donc assez mal. Pour l’heure, impossible de réserver un séjour en Corée du Sud via la société Ctrip, plus grande agence de voyage en ligne.

Des séries télévisées sud-coréennes ne sont plus diffusées sur les chaînes chinoises. Le quotidien nationaliste GT l’avait bien promis : la Corée du Sud paierait « très cher » l’installation de ce bouclier anti-missile, que Pékin considère comme une menace pour sa propre sécurité.

Rfi.fr