Brésil: fin de l’émeute dans une prison, au moins dix détenus tués

La police brésilienne a mis fin dimanche à l'émeute qui a éclaté dans une prison du nord-est du pays et où dix détenus au moins ont été massacrés, des violences qui s'ajoutent à celles qui ont causé la mort d'une centaine de prisonniers depuis le début de l'année.

Ces violences se sont produites sur fond de luttes entre gangs criminels rivaux pour le contrôle du trafic de drogues.

« La situation est absolument sous contrôle », a déclaré lors d’une conférence de presse Caio Bezerra, responsable local pour la sécurité publique.


Une capture d’écran de la télévision Ponta Negra prise le 14 janvier 2017 du centre pénitentiaire d’Alcacuz près de Natal, état du Rio Grande do Norte, dans le nord-est du Brésil, montre des détenus jetant des objets du toit de la prison pendant une émeute – TV PONTA NEGRA SBT

Les autorités considèrent qu’il y a peut-être « plus de dix prisonniers tués », a avancé Walber Virgolino, un autre responsable local en charge des questions de justice.

Le chiffre exact de ces violences sera connu en fin de journée, quand les troupes de choc de la police auront achevé leurs opérations à l’intérieur de l’établissement, a-t-il ajouté.

Les forces de sécurité ont pénétré dans la matinée dans le centre pénitentiaire Alcaçuz, la plus grande prison de l’Etat de Rio Grande do Norte (nord-est), quatorze heures après le début de l’affrontement entre gangs criminels rivaux.

Les autorités ont encerclé la prison surpeuplée pour éviter les évasions, mais ont expliqué que la police militaire et les agents pénitentiaires avaient dû attendre l’aube pour pénétrer dans les bâtiments, les détenus ayant coupé le courant et étant lourdement armés.

Selon un responsable de l’administration pénitentiaire de l’Etat, Zemilton Silva, avait indiqué samedi soir qu’il y avait des corps décapités, comme cela avait été le cas lors des violences récentes dans d’autres centres pénitentiaires affectés par la surpopulation carcérale.

Selon les chiffres de l’administration de l’Etat de Rio Grande do Norte, le pénitencier d’Alcaçuz comprend 1.083 détenus pour une capacité de 620 places.

Sur son compte twitter, le président Michel Temer a indiqué qu’il suivait l’affaire d’Alcaçuz de près et qu’il avait ordonné de fournir à l’Etat de Rio Grande do Norte « toute l’aide nécessaire ».

Les autorités brésiliennes expliquent ces tueries par une guerre sanglante entre les deux principaux gangs criminels du pays pour le contrôle de l’approvisionnement et de la vente de cocaïne: le Premier Comando de la Capitale (PCC), de Sao Paulo, et le Comando Vermelho (CV) de Rio de Janeiro, et leurs alliés.

Les principaux quotidiens brésiliens affirment que la rixe à Alcaçuz a opposé le PCC au Syndicat du Crime, allié au Comando Vermelho.

L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé jeudi « les conditions inhumaines dans les prisons brésiliennes ». Le taux d’occupation est de 167% par rapport à la capacité officielle des prisons, selon les derniers chiffres du ministère de la Justice.

Cinquante-six détenus ont été massacrés début janvier dans une prison de Manaus, au nord du Brésil. Cinq jours plus tard, 31 autres ont été brutalement assassinés dans l´État de Roraima (nord). Le 8 janvier, quatre détenus étaient tués dans une autre prison de Manaus.

Le ministère brésilien de la Justice a convoqué pour mardi les responsables de la sécurité des différents Etats du pays pour examiner « les mesures d’urgence (à prendre) face à la crise du système pénitentiaire »

courrierinternational.com