Brésil: le financement de la campagne Temer-Rousseff 2014 sur la table

Le Tribunal supérieur électoral du Brésil (TSE) commence à se pencher sur les irrégularités de la campagne électorale de l’ex-présidente destituée Dilma Rousseff, destituée, et de son vice-président et successeur, Michel Temer. Soupçonné de financement illégal, le président Temer pourrait se retrouver accusé de crime électoral. Son mandat serait alors cassé. Le procès commence ce mardi 6 juin en soirée et devrait durer plusieurs jours.

Avec notre correspondant à Rio de Janeiro,  François Cardona

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Le président brésilien Michel Temer, le 30 mai 2017 à Brasilia.

Le procès avait déjà débuté, début avril dernier. Mais il avait aussitôt été repoussé par les juges, pour permettre à l’accusation de réunir davantage de preuves et à la défense d’avoir plus de temps pour se préparer.

Cette fois-ci, les juges du Tribunal supérieur électoral auront trois jours pour analyser la régularité des comptes de la campagne présidentielle de 2014, celle de Dilma Rousseff et Michel Temer, qui avait été élu à la vice-présidence.

Si une majorité de juges estime que le duo Rousseff-Temer a bénéficié d’argent sale, alors le président brésilien sera accusé de « crime électoral ». Après la destitution de Dilma Rousseff, Michel Temer verrait alors son mandat cassé.

Michel Temer cerné de tous les côtés

Le président de la Chambre des députés brésilienne, Rodrigo Maia, assurerait donc l’intérim pendant trente jours à la tête du pays, le temps d’organiser des élections indirectes par le Congrès.

La plainte vient de la formation de droite PSDB, le Parti de la social-démocratie brésilienne, qui avait perdu l’élection présidentielle de 2014 face à Dilma Rousseff, issue du Parti des travailleurs (gauche).

Le PSDB est membre de la majorité qui soutient Michel Temer. Autant dire que la position du président devient de plus en plus intenable, puisqu’il est aussi visé par une enquête auprès du Tribunal fédéral suprême, qui le soupçonne de corruption.

Rfi.fr