Brésil: sur fond de crise, un carnaval de Rio au goût amer

Au Brésil, le très attendu carnaval a commencé. Il va durer jusqu’à mardi prochain. Plus d’un million de touristes venus de tout le Brésil, et du monde entier vont assister ce week-end au défilé des grandes écoles de samba, à Rio de Janeiro. Une grande fête, incontournable et une parenthèse bienvenue pour les Brésiliens, qui leur permet d’oublier durant quelques jours les problèmes qui s’accumulent, la récession économique et les scandales de corruption à répétition.

Avec notre correspondant à Rio de JaneiroFrançois Cardona

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Près de 100 000 personnes sont attendues pour vibrer devant les défilés du carnaval de Rio de Janeiro cette année.

Pendant quatre jours, dans le sambodrome – cette immense allée bordée de tribunes – près de 100 000 personnes vont vibrer tous les soirs devant les défilés exubérants des grandes écoles de samba. Un évènement presque sacré au Brésil : tout le pays s’y prépare depuis des mois.

Une ambiance festive qui, cette année, a dû mal à dissimuler la préoccupation des Brésiliens. La profonde récession économique qui frappe le pays a provoqué une augmentation de plus de 30% du chômage en un an. Il a atteint les 12,6%, un record.

A Rio de Janeiro, les caisses de l’Etat sont vides, des dizaines de milliers de fonctionnaires reçoivent leur salaire avec plusieurs mois de retard. Les hôpitaux sont gravement touchés. Les scandales de corruption s’enchainent, mettant en cause une bonne partie de la classe politique, et du gouvernement.

Une actualité que les écoles de samba n’ont pas hésité à reprendre à leur compte, avec humour. L’une d’entre elles a choisi l’histoire de France et le roi Louis XIV pour thème central… L’un des personnages du défilé sera Nicolas Fouquet, ancien surintendant des finances et à l’époque accusé de détournement d’argent public. Une allusion à l’ancien gouverneur de Rio accusé de corruption, dont le luxueux train de vie a été récemment révélé par la police et qui attend son jugement en prison.

Rfi.fr