Brésil: Michel Temer à Rio pour défendre le déploiement de l’armée

Le président brésilien Michel Temer s’est rendu dimanche 30 juillet à Rio de Janeiro pour assurer le service après-vente du déploiement de l’armée dans la ville vendredi. Cette mesure, dans une ville en proie à la violence, a soulagé la population, mais laissé sceptiques les commentateurs.

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Des soldats brésiliens déployés sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, le 30 juillet 2017.

Vendredi, le chef de l’Etat avait signé un décret autorisant « l’emploi des forces armées dans l’Etat » de Rio de Janeiro pour lutter contre le crime organisé. Immédiatement, une force de 10 000 hommes, dont 8 500 militaires, avait commencé à prendre position dans la métropole. « C’est une première phase. Il y en aura d’autres », a déclaré le président, venu avec ses ministres de la Défense Raul Jungmann et de l’Economie Henrique Meirelles à Rio de Janeiro, qui subit une flambée de la criminalité liée à la drogue et au marasme économique.

« Dans mon décret (…) j’ai fixé la fin des opérations au 31 décembre 2017. Mais rien n’empêche » que cette mesure soit prolongée « jusqu’à la fin 2018 », a dit M. Temer après avoir rencontré le commandement militaire.

Le déploiement massif des forces de sécurité pendant les Jeux olympiques – 85 000 hommes – avait permis d’assurer la sécurité à Rio. Mais après leur retrait, la criminalité est repartie en flèche. Les militaires ont donc pour tâche de « couper la tête » des gangs de narcotrafiquants qui sèment la mort dans les favelas de Rio, où une personne est tuée tous les trois jours par des hommes de plus en plus lourdement armés, ou dans des échanges de tirs avec la police. La mesure a été applaudie par beaucoup des 6,5 millions de Cariocas effrayés par cette violence incontrôlable.

De leur côté, les experts interrogés par la presse sur le décret Temer ont eu tendance à dénoncer une mesure qui ne s’attaque pas aux problèmes de fond. Le recours à l’armée signe la faillite d’une police de plus en plus discréditée. L’armée reste une institution respectée des Brésiliens, et son intervention ne peut pas faire de mal à Michel Temer, dont le taux d’opinion favorable est tombé à un pathétique 5%.

Rfi.fr