Brésil: recrudescence des violences contre les petits paysans et les sans terre

C’est un nouvel épisode sanglant de la violence chronique qui rythme les conflits ruraux dans un pays où les grands propriétaires terriens font encore la loi : en quelques jours, plusieurs exécutions ont eu lieu dans plusieurs régions du Brésil.

Avec notre correspondant à Sao Paulo,  Martin Bernard

media
Rassemblement de paysans sans terre à Novo Horizonte dans le Matto Grosso 

Dans une zone isolée de l’immense Etat du Mato Grosso, neuf paysans du campement de Gleba Taquaruçu do Norte ont été assassinés dans des circonstances particulièrement violentes, selon les photos publiées par les journaux de la région.

« Le massacre a été perpétré avec une cruauté inimaginable », estiment des associations religieuses, qui côtoient les petits paysans dans ces régions isolées. L’an dernier, la Commission nationale des évêques brésiliens a dénombré 61 morts en raison des conflits fonciers.

Le Mato Grosso est l’un des principaux producteurs de soja et de viande au Brésil. Et à l’image de beaucoup d’autres, les grands propriétaires terriens y exercent une pression constante sur les petits paysans pour s’approprier des terres et chasser ceux qu’ils considèrent comme des envahisseurs. Cela débouche souvent sur des règlements de compte, sans l’intervention des autorités.

Et puis, plus au sud, dans l’Etat de Minas Gerais, c’est un dirigeant du Mouvement des paysans sans terre (MST) qui a été assassiné dimanche dernier. Silvino Nunes a été mitraillé devant chez lui, dans une région qui compte cinq campements du MST.

Rfi.fr