Le Brésil se dote d’un ministère de la Sécurité publique face au crime organisé

Le gouvernement brésilien a annoncé ce lundi la création d’un ministère extraordinaire de la Sécurité publique. Objectif : mieux coordonner la lutte contre le crime organisé que les nombreux Etats n’arrivent pas à endiguer. Cette annonce intervient dix jours après la signature par le président Michel Temer d’un décret donnant à l’armée le commandement des opérations de sécurité dans l’Etat de Rio de Janeiro, particulièrement secoué par la violence depuis plus d’un an.

Avec notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona

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Des soldats de l’armée contrôlent les documents d’un habitant de la favela Kelson’s, le 20 février 2018 à Rio de Janeiro.

Le ministre de la Défense sera désormais en charge du nouveau portefeuille de l’Intérieur brésilien, celui de la Sécurité publique, créé par le président Temer.

Raul Jungmann aura sous sa responsabilité la police fédérale et l’administration pénitentiaire, notamment. Avec un budget annuel de 2 milliards et demi d’euros. Au Brésil, les forces de police sont placées sous le contrôle des autorités locales, une disposition dont le crime organisé profite pour échapper à la justice.

Raul Jungmann sera remplacé, au ministère de la Défense, par un général de l’armée de Terre. C’est la première fois au Brésil qu’un militaire assume cette responsabilité jusque-là toujours confiée à un civil.

Face à l’augmentation de la violence et de la criminalité partout dans le pays, le président Temer a choisi de faire de plus en plus confiance à l’armée – et ce alors que l’élection présidentielle a lieu dans neuf mois.

Michel Temer a également choisi un militaire, un général, comme secrétaire à la Sécurité publique de l’Etat de Rio de Janeiro, au bord de la faillite, et victime d’une guerre de plus en plus meurtrière entre trafiquants de drogue et policiers.

Rfi.fr