Brexit: Bruxelles attend la lettre de rupture de Londres

Ce 29 mars a été surnommé « Black Wednesday » par certains journaux britanniques ; car c’est aujourd’hui qu’est formellement lancée la procédure de divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Depuis le référendum du 23 juin 2016, tous les regards étaient tournés en Europe vers le gouvernement britannique. L’affaire est désormais entendue car la procédure commence aujourd’hui.

Avec notre bureau de Bruxelles,

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Theresa May: «Nous voulons tous vivre dans une Grande-Bretagne vraiment mondiale qui sort et construit des
relations avec ses vieux amis et ses nouveaux alliés à travers le monde».

La Première ministre britannique Theresa May a signé, mardi 28 mars 2017, la lettre de huit pages que le gouvernement britannique envoie à l’Union européenne en guise d’adieu. Il est prévu que Sir Tim Barrow, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne aille lui-même porter la lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, ce mercredi vers 11 h 30.

Dans ce courrier de Theresa May, le gouvernement britannique va officiellement invoquer l’article 50 des traités européens qui enclenche le retrait du Royaume-Uni de l’UE, 44 ans après son adhésion au marché commun. Donald Tusk pourrait faire une courte déclaration dans la journée pour acter la réception de la lettre britannique mais on attend surtout de sa part une réaction écrite. Il a en effet promis de répondre dans les 48 heures par une lettre adressée aux vingt-sept autres capitales, lettre qui doit tracer les grandes lignes de ce que les Etats restants escomptent obtenir de la négociation à venir.

Et les négociations ?

Il y aura d’abord dans un mois, le 29 avril, un sommet européen, sans le Royaume-Uni, où les pays restants vont définir leurs lignes rouges, leurs objectifs de cette négociation et ce sur quoi ils ne sont pas prêts à céder. Ils donneront ainsi mandat à la Commission européenne pour négocier en leur nom, négociation qui sera menée par l’ancien commissaire européen et ancien ministre français Michel Barnier.

Celui-ci espère clore cette discussion en dix-huit mois car il faudra que les négociations soient ratifiées par les vingt-sept pays pour que la sortie du Royaume-Uni soit effective dans le délai imparti de deux ans. Selon certains, ici, on n’entrera toutefois véritablement dans le vif du sujet qu’après les élections en France puis à l’automne en Allemagne.

Rfi.fr