Brexit: les Européens restent sur leur faim après le discours de Theresa May

Le discours de Theresa May, prononcé assez curieusement dans une basilique à Florence, était attendu dans les capitales des 27 autres pays de l’UE ainsi que dans les milieux européens à Bruxelles. Ceux-ci n’ont pas particulièrement apprécié que le Premier ministre britannique présente l’adhésion de son pays à l’Union européenne comme un malentendu historique qu’il convient de corriger au plus vite et pour beaucoup, ce discours n’aura pas vraiment fait avancer les choses.

De notre bureau à Bruxelles,

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Theresa May avait choisi le cadre de l’église-musée de Santa Maria Novella, à Florence, pour prononcer son premier grand discours sur le Brexit depuis celui de Lancaster House, à Londres.

Après ce discours du chef du gouvernement britannique, dans l’ensemble, les milieux européens restent sur leur faim. Ici, on veut bien saluer le ton nettement plus conciliant que lors de la précédente allocution de Mme May, et l’on est même prêt à lui reconnaître quelque qualité constructive, mais à l’analyse, il subsiste finalement davantage de points d’incertitude qu’auparavant.

Ainsi, Theresa May propose-t-elle une période de transition de deux années après le 29 mars 2019, date du Brexit. Cela aurait l’avantage de mener au-delà de l’échéance de 2020, fin de parcours du budget septennal actuel des institutions de l’UE.

Mais, outre que de l’avis général ici deux ans c’est trop court, la surprise du jour c’est que le projet britannique c’est de poursuivre pendant ce temps la participation du Royaume-Uni à l’UE comme si de rien n’était – en clair, on proclamerait le Brexit, mais on serait toujours là.

Mme May assure d’autre part que Londres respectera ses engagements financiers, sans pour autant préciser lesquels ni pour quel montant maximum.

Le plus étonnant, c’est sans doute le rejet des deux options qui nourrissaient jusqu’ici le débat outre-Manche, c’est-à-dire l’association avec l’UE sur le modèle de la Norvège, ou alors le partenariat avec l’UE comme avec le Canada.

Rfi.fr