Brexit: l’Union européenne s’accorde sur sa stratégie

Les 27 dirigeants de l’Union européenne réunis en sommet ce samedi 29 avril à Bruxelles ont adopté à l’unanimité les grandes lignes qui doivent guider les négociations de la sortie du Royaume-Uni.

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Les 27 dirigeants européens réunis en sommet à Bruxelles, le 29 avril 2017.

Les Vingt-Sept se sont retrouvés ce samedi à Bruxelles avec un objectif clair : être unis face au Royaume-Uni. Le but semble avoir été atteint. Il n’a fallu qu’une minute aux dirigeants pour adopter le texte. « Orientations adoptées à l’unanimité. Le mandat ferme et équitable de l’UE à 27 pour les discussions sur le Brexit est prêt », s’est félicité sur Twitter le président du Conseil européen Donald Tusk peu après l’ouverture de ce sommet devant déterminer les grands principes directeurs qui guideront les négociations sur le Brexit.

Les Vingt-Sept entendent insister sur la préservation des droits des 3 millions de citoyens européens résidant au Royaume-Uni, avec un principe de réciprocité pour les Britanniques établis dans les Etats membres. Ils attendent aussi des Britanniques qu’ils versent un chèque de sortie prenant en compte leurs engagements au titre du budget communautaire. La facture pourrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros.

La question des frontières, et en particulier celle avec l’Irlande, est aussi un enjeu important. Il s’agit de préserver les accords de paix de 1998. Le texte présenté à Bruxelles ne comporte pour l’instant qu’une mention très générale de l’Irlande du Nord, précisant que « des solutions flexibles et imaginatives seront requises, avec pour but d’éviter une frontière en dur » entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. Les Vingt-Sept pourraient aussi réfléchir à l’hypothèse d’une réunification de l’île.

Bruxelles et Londres entreront dans le vif du sujet après les législatives du 8 juin au Royaume-Uni. Dans un premier temps, il ne s’agira que du divorce en lui-même. Ce n’est une fois que ces travaux seront bien avancés que la question de la future relation et des éventuels accords commerciaux pourra être évoquée. Optimistes, les Vingt-Sept espèrent conclure cette première phase d’ici l’automne.

Un mois après la notification officielle du Royaume-Uni de sortie de l’Union européenne, les premiers préparatifs se déroulent « sans accroc » côté européen, estime un diplomate cité par l’Agence France-Presse. Au point que la Première ministre britannique Theresa May s’est inquiétée de voir le reste de l’UE « s’unir contre » son pays. Des accusations que réfute Angela Merkel. « Personne ne s’est allié contre la Grande-Bretagne », a déclaré la chancelière allemande. « Nous facilitons les choses pour la Grande-Bretagne si nous parlons d’une seule voix. »

Pour cela, les Vingt-Sept vont devoir continuer à entretenir leur belle unité affichée, déjà menacée par quelques embûches. A commencer par les discussions sur le déménagement de l’Agence européenne des médicaments et de l’Autorité bancaire européenne, dont les sièges sont aujourd’hui à Londres et que plusieurs villes européennes sont prêtes à accueillir.

Rfi.fr