Brexit: Theresa May tire à boulets rouges contre «les bureaucrates de Bruxelles»

La Première ministre britannique Theresa May a accusé mercredi 3 mai «des responsables européens» de ne pas vouloir le succès du Brexit. Ces propos interviennent après une séquence difficile pour la dirigeante britannique, à la suite d’un dîner à Londres avec Jean-Claude Junker. Selon un journal allemand, le président de la Commission européenne aurait estimé que Theresa May vivait dans «une autre galaxie» concernant ses exigences de négociations. Le lendemain, la chancelière allemande Angela Merkel avertissait Londres de ne pas se faire d’«illusions» sur les implications du divorce. A la veille d’élections locales ce jeudi, sa réponse a été cinglante.

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

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Theresa May devant le 10 Downing Street le 3 mai 2017.

Vexée d’être taxée de naïveté sur le Brexit et de voir la position de négociation du Royaume-Uni ridiculisée dans la presse européenne, Theresa May a décidé de sortir l’artillerie lourde lors d’une mise en scène devant Downing Street.

« La commission européenne a durci sa position de négociation. Des menaces ont été proférées contre le Royaume-Uni par des politiciens et responsables européens, a lancé la Première ministre britannique. Tout cela était délibérément programmé pour influencer le résultat des élections législatives prévues le 8 juin. »

Accusations frontales

« Certains à Bruxelles ne veulent pas que les négociations soient un succès, a poursuivi Theresa May, qui a crié au complot. Si nous laissons les bureaucrates de Bruxelles nous marcher dessus, nous perdrons nos chances de bâtir une société plus juste avec de véritables opportunités pour tous. »

Ces accusations frontales ne doivent rien au hasard. Quelques minutes auparavant, Theresa May était allée voir la reine pour lancer officiellement la campagne des législatives anticipées du 8 juin. La dirigeante conservatrice entend rafler un maximum de votes chez les « brexiters » en s’en prenant à l’Europe.

Ce raptus a cependant provoqué la consternation. Les conservateurs partent largement favoris et Theresa May n’avait nul besoin de montrer les dents. Une fois le scrutin passé, il sera difficile d’oublier cette diplomatie au bulldozer.

Rfi.fr