Burundi: un rapport pointe du doigt les violences des Imbonerakure

Au Burundi, le gouvernement a appelé ces dernières semaines les réfugiés en exil à rentrer au pays, arguant que le pays est désormais pacifié et sûr. Faux, répond l’Initiative internationale sur les droits des réfugiés (Irri). Dans un rapport publié ce jeudi 24 août, l’ONG a recueilli les témoignages de Burundais en exil : elle dénonce les tortures et la répression des opposants et pointe du doigt les Imbonerakure, la section jeunesse du parti au pouvoir.

Des policiers patrouillent dans une rue de Bujumbura, le 12 avril 2016.

« J’ai fui, parce que j’avais peur de mourir », c’est le nom du rapport écrit par l’Irri qui dénonce les agissements des Imbonerakure. Pour Thijs Van Laer, porte-parole de l’ONG, ces militants se sont transformés en ce qu’il qualifie désormais de « milice politique » : « Cette milice s’est montrée de plus en plus violente vis-à-vis des opposants politiques et aussi des citoyens ordinaires afin de les pousser à rejoindre le parti au pouvoir. »

L’Irri s’appuie sur les témoignages d’une trentaine de réfugiés en exil en Ouganda. Selon eux, les Imbonerakure séviraient impunément un peu partout dans le pays : « Dans certaines communes, ils prennent même la place des services de sécurité comme la police et les services de renseignement. Ils commettent eux-mêmes des arrestations, mettent en détention des citoyens, ils font des cas de torture et même des expulsions. »

Pour Willy Nyamitwe, le conseiller en communication du président de la République, ces témoignages sont « montés de toute pièce par des fugitifs qui ont trempé dans l’insurrection ». Selon l’ONU, plus de 400 000 Burundais ont fui le pays depuis le début de la crise politique.

Rfi.fr