Calme précaire à Kinshasa

Après deux jours de violences, un semblant de calme est revenu dans la capitale congolaise. Un « calme fragile qui inquiète les Congolais et la communauté internationale, pointe Afrikarabia, car aucun des problèmes politiques n’ont été résolus. Le dialogue politique en cours à Kinshasa est actuellement au point mort, et le président Joseph Kabila, qui a fait pourtant lire hier un message à la Nation à la télévision publique, ne s’est toujours par prononcé sur les deux points d’achoppements de la crise politique congolaise : la date des prochaines élections (inconnue pour l’instant) et son maintien ou non au pouvoir en cas de transition après la fin de son mandat, le 19 décembre prochain. »

Ce qui fait dire au site congolais 7 sur 7 que « Kabila verse des larmes de crocodile ! […] Il faut retenir en gros que Kabila a dit que ce n’est pas du tout de sa faute si Kinshasa s’est embrasé. La faute en incombe selon lui au Rassemblement. […] Mais oublie-t-il ou feint-il d’ignorer, s’exclame-t-il, que cette crise a été provoquée par lui : la non-tenue de la présidentielle dans le délai constitutionnel. Lundi dernier, 19 septembre 2016, jour où la nation s’est déchirée, devait être un jour de grande fête démocratique. C’est le jour où les congolais devaient mettre un bulletin dans l’urne pour désigner un nouveau président. Il n’en a rien été. En cela, Kabila a trahi son serment de garant du bon fonctionnement des institutions. Il devrait plutôt s’en repentir au lieu de tancer l’opposition coupable à ses yeux d’avoir des ambitions politiques. »

Le dialogue est-il encore possible ?

Pour sa part, l’opposant Vital Kamerhe, interrogé par le site congolais ActualitéCD, affirme encore croire au dialogue… « Nous qui sommes au Dialogue nous avons fixé des lignes rouges et jusque-là ça marche. Nous avons rejeté le fichier de 2011. Nous avons accepté la séquence, c’est-à-dire commencer le processus électoral par la présidentielle. Il ne reste que le dernier verrou, celui du calendrier électoral. Pour nous, il doit être le plus court possible. Donnons la chance à la paix. […] Mais ne perdons plus de temps, affirme encore Vital Kamerhe. Si nous continuons à tourner autour du pot, ce ne sera pas que le glissement, mais la glissade et ça sera terrible. »

De son côté, le quotidien Le Pays au Burkina affiche son scepticisme… « Depuis lundi dernier, date à laquelle l’opposition congolaise a choisi de battre le macadam pour signifier à Kabila son ferme refus de le voir prolonger son bail à la tête de l’Etat au-delà des délais constitutionnels, l’atmosphère est devenue irrespirable, tellement elle est chargée de soufre. Et bien malin celui qui dira avec exactitude quand elle va se dissiper. Car, tout indique que Joseph Kabila est disposé à aller jusqu’au bout de sa logique de confiscation du pouvoir, advienne que pourra. »

Suspense au Gabon

A la Une également, le suspense qui devrait prendre fin demain au Gabon… « L’avenir du Gabon se joue entre aujourd’hui et demain, relève L’Observateur Paalga au Burkina. En effet, c’est 48 heures décisives qui commencent, puisque la Cour constitutionnelle a en principe jusqu’à demain vendredi pour vider le contentieux électoral et proclamer les résultats définitifs de la présidentielle du 27 août. »

« Sur quel vendredi vont se réveiller les Gabonais ? », s’interroge Aujourd’hui, toujours au Burkina. « Tout repose sur les épaules des 9 juges de la plus haute juridiction du pays. Diront-ils la vérité, c’est-à-dire les vrais résultats des urnes ? Sacrifieront-ils la transparence, et la légitimité sur l’autel de la realpolitik ? De quel côté penchera la “Tour de Pise” ? Expression de Jean Ping pour désigner la Cour constitutionnelle, dont le tropisme pour le pouvoir, selon lui a toujours été constant. »

Et le Burundi ?

Enfin, le site Guinée Conakry Infos s’intéresse, lui, au Burundi, désormais éloigné des feux de l’actualité… « Tandis que la RDC et le Gabon occupent les rampes lugubres de l’actualité, le peuple burundais se meurt dans l’ombre des caméras, s’indigne Guinée Conakry Infos. Comme pour rompre ce silence morbide, un rapport des Nations unies vient de rappeler que le Burundi vit encore au rythme des disparitions tragiques, des exécutions sommaires et autres violations constantes des droits de l’homme. […] Les enquêteurs ont eu la conviction que les actes commis ne sont point des incidents de parcours, mais bien la résultante d’un mécanisme huilé, où l’impunité est la règle gouvernante pour liquider toutes velléités opposantes. Si le nombre des victimes est difficile à établir, ils ont au moins la certitude que plus de 560 personnes ont été exécutées publiquement ou dans la clandestinité. »

Et Guinée Conakry infos de conclure : « depuis que le président Nkurunziza et ses affidés se sont englués dans cette “folie du troisième mandat”, l’arbitraire et l’impunité ont installé leurs tréteaux partout dans le pays. Malgré toutes les réprobations universelles et les condamnations internationales, le Burundi tue ses propres fils et la justice a foutu le camp ! »