Cambodge: l’opposante Mu Sochua contrainte de quitter le pays

Menacée d’arrestation imminente par le Premier ministre Hun Sen, la vice-présidente du principal parti d’opposition au Cambodge, Mu Sochua, a dû fuir le Cambodge ce mardi 3 octobre.

De notre correspondant à Bangkok,  Arnaud Dubus

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L’opposante Mu Sochua, vice-présidente du Parti du sauvetage national du Cambodge, lors d’une interview
avec l’agence Reuters, le 4 octobre 2017.

Mu Sochua, vice-présidente du Parti du sauvetage nationale du Cambodge, a été forcée de partir précipitamment du pays, après avoir été informée de son arrestation imminente à cause de ses discours très critiques vis-à-vis du Premier ministre Hun Sen. Ces menaces interviennent alors que le régime de Hun Sen devient de plus en plus autocratique à l’approche des élections nationales de l’an prochain.

« Je ne veux pas perdre ma voix, parce que c’est une voix qu’on doit ajouter à d’autres voix. Et si je suis capturée, cette voix-là sera perdue pour la démocratie, explique Mu Sochua rencontrée par RFI en transit à Bangkok. Je n’ai pas l’intention de rester en prison. Mais je veux mettre l’accent sur les élections justes, crédibles et équitables, parce que sans ces conditions-là, ce seraient des élections pour légitimer le pouvoir de Hun Sen. Ce serait le suicide de l’opposition au Cambodge, et aussi la fin de la démocratie. »

Depuis ce tour de vis du pouvoir en place, 25 députés de l’opposition ont quitté le pays. Le leader de l’opposition Kem Sokha est emprisonné sur la base d’accusations douteuses de « complot ». Jamais la démocratie au Cambodge n’a été aussi menacée depuis les accords de paix de 1991.

Rfi.fr