Cambodge: le principal parti d’opposition sur le point d’être dissout

Le Parti du sauvetage national du Cambodge, principal parti d’opposition, doit être dissous ce jeudi 16 novembre. Les sièges des députés du PSNC vont être redistribués à de petits partis à la solde du pouvoir. Alors que des élections législatives sont prévues l’été prochain, la dérive du pays vers la dictature se confirme.
 
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Le Premier ministre du Cambodge Hun Sen, à l’occasion de la célébration du 64e anniversaire de l’indépendance de la France, le 9 novembre 2017.

Le Parti du sauvetage national du Cambodge, principal parti d’opposition va être dissous, la décision de la Cour suprême cambodgienne est attendue dans la journée. Alors que des élections législatives sont prévues l’été prochain, la dérive du pays vers la dictature se confirme.

Le Premier ministre Hun Sen ne s’embarrasse pas de faux semblants. Il a tout simplement ordonné à la Cour suprême de dissoudre le Parti du sauvetage national du Cambodge. Cette décision intervient après des mois de renforcement de la répression à l’encontre des opposants et de la société civile.

Début septembre, le chef du PSNC Kem Sokha avait été arrêté pour trahison et espionnageau profit des Etats-Unis. Une vingtaine de députés ont quitté le pays depuis. C’est le cas de la députée et vice-présidente du PSNC Mu Sochua qui a quitté le pays après des menaces d’arrestation. « C’est la fin de la démocratie au Cambodge », dénonce-t-elle. Contraints à quitter le pays, les opposants ne comptent pas abandonner la lutte pour autant, affirme-t-elle : « C’est le Cambodge qui compte. Nous représentons au moins 3 millions de Cambodgiens qui veulent un changement. »

Une loi sur le financement des ONG a fait taire une grande partie de la société civile. Mercredi, la Ligue cambodgienne pour les droits de l’homme faisait ainsi savoir à RFI qu’elle n’était plus en mesure de s’exprimer. La presse indépendante n’a pas non plus été épargnée, avec la fermeture cet automne du Cambodia Daily.

L’objectif de Hun Sen est de remporter les législatives de juillet prochain pour se maintenir au pouvoir, qu’il occupe depuis plus de 30 ans et qui avait été menacé par des mois de contestation et de manifestations après le dernier scrutin de 2013.

L’opposition appelle aujourd’hui la communauté internationale à réagir immédiatement. « Sans des actions très concrètes, y compris des sanctions très précises envers les hauts fonctionnaires, il n’y aurait pas de message fort. Un message fort, c’est un message uni de la communauté internationale », insiste Mu Suchoa. Mais les équilibres ont changé pour ce pays qui est l’un des plus pauvres de la planète. Hun Sen a fortement resserré ses liens avec la Chine, diminuant d’autant sa dépendance vis-à-vis des Occidentaux.

Rfi.fr