Share, , Google Plus, Pinterest,

Print

Posted in:

CAN 2017 : 13 entraineurs sur 16 sont blancs. Portrait-robot du «sorcier blanc»

Cette année, ils occupent encore les bancs de 13 des 16 nations engagées en Coupe d’Afrique. A croire qu’ils ont jeté un sort aux entraîneurs africains. Tous n’auront pas plus d’un premier tour dans leur sac mais plusieurs ont les traits de l’authentique «sorcier blanc». C’est l’histoire de cinq Français, deux Belges, deux Portugais, un Espagnol, un Argentin, un Serbe et un Israélien qui sont en Afrique.

Tous veulent essayer de gagner la CAN 2017. Et l’un ou plusieurs d’entre eux seront peut-être affublés un jour du nom réservé aux entraîneurs venus d’ailleurs. Mais comment reconnait-on un authentique «sorcier blanc» ? Il parle français… ou allemand A l’école des sorciers, le Français tient une bonne place, pour des raisons historico-linguistiques. Le surnom de «sorcier blanc» fut attribué en premier à Claude Le Roy. Il en hérita, a-t-il souvent raconté, après avoir expliqué à son arrivée au Cameroun, en 1985, que le premier vrai sorcier de l’histoire était Merlin ; un Breton, comme lui donc, qui n’allait ainsi rien craindre des féticheurs.

Lire aussi : Claude le Roy, Monsieur Can

Dans son sillage, ils sont nombreux à avoir hérité de ce sobriquet «cliché» et épaté le continent par leur jeu de passes(-passes) ou avoir fait illusion : le disciple de Le Roy, Hervé Renard, deux fois sacré (Zambie 2012, Côte d’Ivoire 2015), le regretté Bruno Metsu, Philippe Troussier, Michel Dussuyer, Pierre Lechantre (champion 2000, Cameroun), Robert Nouzaret ou Alain Giresse pour n’en citer que quelques-uns.

Attention toutefois à la concurrence du weiß zauberer : les techniciens allemands sont en effet nombreux à avoir occupé des postes en Afrique (Otto Pfister, Uli Stielike, Reinhard Fabish, Berti Vogts, Winfried Schäfer, Volker Finke, etc.). La synthèse parfaite ? Gernot Rohr, le plus français des Allemands et inversement. Il connaît les cartes L’ancien entraîneur de Nice ou Bordeaux figure un prétendant au surnom d’autant plus crédible qu’il est passé par le Gabon, le Niger, le Burkina Faso et désormais le Nigeria. Or tout «sorcier blanc» qui se respecte a exploré, si ce n’est le continent, l’une de ses régions.

Lire aussi : CAN 2017: Le joueur le plus âgé, le joueur le plus jeune !

Il y a deux maîtres incontestés des cartes : Claude Le Roy qui dispute sa neuvième CAN, pour son huitième mandat à la tête d’une sélection africaine (Cameroun deux fois, Sénégal, RD Congo deux fois, Ghana, Congo et cette saison Togo), et Otto Pfister qui a dirigé huit sélections africaines différentes (Rwanda, Burkina Faso, Sénégal, Côte d’Ivoire, Zaïre, Ghana, Togo et Cameroun).

Tous les Français cités précédemment ont connu plusieurs sélections. Et beaucoup ont aussi entraîné des clubs africains. C’est par exemple à l’Asec Mimosas d’Abidjan que Troussier fut intronisé «sorcier».

L’Europe ne lui a pas réussi… Si les pays africains cèdent à leur charme, ces entraîneurs ont rarement ensorcelé l’Europe. Le « sorcier blanc » est, souvent, un homme sans référence de poids dans son pays d’origine. Il y a des exceptions – Giresse a entraîné Paris, Troussier a fait un passage à l’OM mais son art consommé de la disparition fait que tout le monde l’y a oublié. Mais aucun n’a dirigé de grande équipe à son sommet ni gagné de trophées majeurs.

Tant pis pour Gernot Rohr : cette finale de Coupe UEFA 96 avec Bordeaux, c’est un trop gros tour pour qu’on y croie. … après une carrière de joueur modeste Le «sorcier blanc» n’a pas toujours été adepte des gri-gris. En tout cas balle au pied. La plupart des sélectionneurs français qui durent en Afrique n’ont qu’une carrière de joueur modeste derrière eux, avec le milieu de tableau de D1, et souvent un échelon inférieur, comme plus belle référence.

Lire aussi : CAN 2017: les onze vieux-pères

On ne parle pas là d’Alain Giresse, bien sûr, qui figure une exception pour confirmer la règle – de même que Pierre Lechantre, avec plus de 300 matches dans l’élite, sort du lot. Il s’agit plutôt des Claude Le Roy, Philippe Troussier ou Hervé Renard, qui ont laissé d’impérissables souvenirs sous les maillots d’Avignon ou Laval, d’Angoulême ou Rouen, de Cannes ou Vallauris. Il a adopté l’Afrique «Sorcier blanc» est un titre souvent utilisé à l’emporte-pièce, et rares sont ceux qui l’ont obtenu. Il faut aussi dire qu’il se mérite. Dans un reportage diffusé en 2015 sur Canal+, Claude Le Roy évoquait l’importance de vivre dans le pays. Parlant de sélectionneurs qui passaient deux jours par mois sur place, il lâchait : «Il y a certains entraîneurs européens, pour moi, c’est de l’imposture.»

Or la sorcellerie est une affaire sérieuse pour beaucoup de populations africaines. Et cela, tout aspirant «sorcier blanc» doit le savoir.

lequipe.fr

VOUS AIMEREZ AUSSI

Commentaires

Commentaires

Share, , Google Plus, Pinterest,