Cap-Vert: le président sortant grand favori de la présidentielle

 
Jorge Carlos Fonseca en campagne électorale à Praia.
© ENEIAS RODRIGUES/Lusa

Le Cap-Vert traverse des difficultés économiques, mais sur le plan politique, il donne l’exemple. La campagne présidentielle s’est déroulée dans le calme et le respect. Le président sortant, Jorge Carlos Fonseca, est candidat à sa réélection pour les libéraux du Mouvement pour la démocratie (MPD). Fonseca entend « faire face aux défis de la croissance économique, de la réduction du chômage et de l’insécurité ». Et il est d’ores et déjà presque assuré de l’emporter.

Et pour cause, face à lui, aucun candidat de poids : après sa double défaite aux législatives de février puis aux municipales de septembre, le principal parti d’opposition a décidé de ne pas présenter de candidat et de ne pas donner de consigne de vote à ses militants. Le Parti africain de l’indépendance du Cap-Vert (PAICV) est certes l’ancien parti unique du pays, mais il entend aujourd’hui jouer le jeu de la démocratie et de l’alternance.

Face au président-candidat Fonseca, restent donc deux indépendants : Joaquim Montero, qui avait obtenu 2,1% des voix lors de la précédente présidentielle en 2011. Et Albertino Graça, un recteur d’université qui se présente pour la première fois.

Un modèle de stabilité à l’économie fragile
En matière de gouvernance, la Banque mondiale décerne au Cap-Vert l’une des meilleures notes d’Afrique subsaharienne et notamment pour ce qui concerne la lutte contre la corruption.

Mais l’économie cap-verdienne, dont l’activité est très dépendante de l’Europe, connaît ces dernières années une croissance ralentie. Le tourisme qui représente un quart de la richesse nationale est touché par la crise européenne, de même que les transferts de la très nombreuse diaspora qui comptent pour 8 à 10% dans le PIB.

L’énergie et l’essentiel des produits alimentaires sont importés, l’agriculture occupe la moitié de la population, mais ne couvre que 10% des besoins. Ce sont les services qui constituent les trois quarts du PIB : tourisme, mais aussi services financiers et informatiques, surtout liés à l’ancienne puissance coloniale le Portugal.

Le chômage reste élevé à 16% en moyenne, mais jusqu’à 32% chez les jeunes. Pour relancer son activité, le Cap-Vert fait des efforts pour attirer les touristes d’autres régions que l’Europe, particulièrement en direction de l’Asie.