Cargo immobilisé en Afrique du Sud: l’Office chérifien des phosphates en colère

La justice sud-africaine a ordonné jeudi 15 juin le maintien sous séquestre d’un cargo chargé de phosphates en provenance du Sahara occidental. Le cargo est bloqué depuis le début du mois de mai au large de Port Elizabeth, en Afrique du Sud, suite à une plainte des indépendantistes sahraouis du Front Polisario qui accusent l’Office chérifien des phosphates (OCP) de pillage des ressources du peuple sahraoui. La justice sud-africaine entend se prononcer sur le fond de l’affaire, mais aucune date n’a encore été fixée pour un procès.

Le site de l’OCP (Office chérifien des phosphates) dans la région de Khouribga au Maroc, avec au loin les fumées industrielles.

L’affaire fait grand bruit au Maroc. Le 1er mai dernier, le NM Cherry Blossom chargé de 50 000 tonnes de phosphates extraits au Sahara occidental a été arraisonné par les autorités judiciaires de Port Elizabeth. Le navire y faisait escale avant de gagner la Nouvelle-Zélande.

La justice sud-africaine faisait suite à une plainte déposée par le Front Polisario, mouvement indépendantiste du Sahara occidental qui accuse l’Office chérifien des phosphates de piller les ressources du peuple sahraoui.

Depuis un mois, l’OCP tente de faire valoir qu’en vertu des lois marocaines, elle possède le droit d’exploiter et de vendre les phosphates du Sahara occidental. Et surtout qu’un Etat tiers n’est pas compétent pour juger ce contentieux. L’OCP s’appuie d’ailleurs sur une affaire similaire survenue au Panama le mois dernier. Le tribunal panaméen saisi par le Front Polisario s’était alors déclaré incompétent.

Mais à Port Elizabeth, la justice entend aller au fond de l’affaire, ce qui a provoqué une réaction outrée de l’OCP ainsi que des autorités marocaines. Le porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi rejette la décision du tribunal sud-africain qu’il estime être en « contradiction avec le droit international ». Le gouvernement affirme aussi qu’il ripostera « avec toute la fermeté requise ».

Rfi.fr