Chili: les assassins des derniers disparus de la dictature jugés et condamnés

La Cour suprême chilienne a condamné 33 anciens agents de la dictature d’Augusto Pinochet. Il s’agit de la plus importante condamnation pour crime de lèse-humanité au Chili. Ces agents ont été jugés coupables de l’enlèvement puis de l’assassinat de cinq opposants. Officiellement il s’agit des dernières disparitions d’activistes sous le régime militaire chilien. Les faits datent de 1987.

media
Des parents des victimes de violation des droits de l’homme sous la dictature de Pinochet lors d’un rassemblement
en 2014 à Santiago.
 

Les victimes étaient tous membres du Front patriotique Manuel Rodriguez (FPMR), le bras armé du parti communiste chilien, connu pour avoir combattu la dictature du général Pinochet en utilisant des tactiques de guérilla.

Selon l’avis de la justice chilienne, les cinq hommes -Julián Peña Maltés, Alejandro Pinochet Arenas, Manuel Sepúlveda Sánchez, Gonzalo Fuenzalida Navarrete et Julio Muñoz Otárola-, « ont été enlevés par des agents de l’Etat » à la fin de l’année 1987. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés. Mais d’après les résultats de l’enquête menée par le juge Mario Carroza, les victimes ont été jetées dans la mer depuis un hélicoptère au large de la ville de Valparaiso.

Trente ans après les faits, la justice a maintenant condamné 33 personnes. Parmi elles, deux responsables des services du CNI, la police secrète du régime militaire. Álvaro Corbalán et Hugo Salas, déjà derrière les barreaux pour d’autres violations des droits de l’homme, ont été condamnés à 15 ans de prison.

Ivan Quiroz, le chef de l’opération policière, également déjà en prison, et les 30 autres agents, qui se trouvent eux en liberté, ont été condamnés à des peines de 5 à 10 ans.

Rfi.fr